Expositions

Fabcaro à Angoulême va siffler sur la colline dès le 12 juillet 2022

Fabcaro au sommet. La première grande rétrospective qui lui est consacrée se tient du 12 juillet 2022 au 5 mars 2023, à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême. L’exposition Fabcaro sur la colline propose de plonger dans l’œuvre de cet artiste dont la carrière a commencé quelque vingt ans plus tôt dans les fanzines, puis devenu un phénomène d’édition avec 300 000 exemplaires vendus de l’album Zaï Zaï Zaï Zaï (2015). Sans oublier dernièrement son roman-photo qui déchaine les passions. BD ou pas Guacamole Vaudou ? On a un peu oublié son Et si l’amour c’était aimer dans lequel Fabcaro avait déjà cette fois dessiné un roman-photo. 

Fabcaro on l’avait rencontré à Angoulême pour Z comme Don Diego avec son complice Fabrice Erre. Et puis, de Montpellier à Sérignan, Aix, Millau, à la Comédie du Livre, nos routes se sont souvent croisées car il vit dans l’Hérault. Open Bar, Moins qu’hier (plus que demain), Walter Appleduck, le retour de Gai Luron et bien sûr Zaï Zaï Zaï Zaï. On va donc avoir sur près de 300m2 la narration de son parcours pas vraiment inattendu, présentant de nombreuses planches et dessins originaux, mais également des entretiens exclusifs, témoignages vidéos, rares travaux d’animation. Elle évoquera également ses collaborations nombreuses (Fabrice Erre, Gilles Rochier, Alain Chabat, Blanche Gardin) et mettra en lumière ses filiations revendiquées (avec Gotlib, Edika, les Monty Python, …), et son approche très particulière de l’humour, marquée par le nonsense anglais et la satire féroce de nos travers contemporains.

Fabcaro à la Comédie du Livre 2022. JLT ®

« J’ai quarante albums derrière moi… comment je fais pour continuer ? J’essaie de faire rire à chaque fois. Parce que je fais de la bande dessinée d’humour, et le minimum syndical, c’est de faire rire. » Du Fabcaro dans le texte. Du Steak haché de Damoclès à Moon River, l’auteur qui s’estimait à son apogée avec Carnet du Pérou, sa sélection au FIBD et ses 4500 exemplaires vendus, est soudain devenu un phénomène d’édition avec Zaï Zaï Zaï Zaï, et 85 000 exemplaires de Moon River.

Comme le rappelle le communiqué de la Cité, Fabcaro est surtout réputé pour ses bandes dessinées, mais au fil des années, il a aussi développé une œuvre polymorphe : romans, romans photo, animations. Sans compter les adaptations de ses livres. Car même si ses productions sont réputées inadaptables (cet humour absurde fait de gags et de temps morts ne pourrait fonctionner, en principe, qu’en livre), Fabcaro est l’un des auteurs de BD contemporains le plus adapté ces dernières années, que ce soit au théâtre, en pièce radiophonique, en livre audio, au cinéma, en mini série pour la télévision et même en BD concert.

Quand Gilles Rochier s’attache, pour cette première grande rétrospective consacrée à son ami Fabcaro, à en dessiner le portrait, il met le héros de son histoire en suspens, rappelant à la fois sa perpétuelle prise de risque (Fabcaro ne recule devant aucun défi) et son art de la chute. Mais on ne saura rien de sa vie, ou très peu de choses, car Fabcaro est secret, même pour ses amis proches (c’est vrai mais attachant et très modeste NDLR) et ce décalage entre une œuvre en partie très intime et autobiographique, et un homme qui se livre peu, est déroutant. Pour autant, Fabcaro a raconté ses influences, et prêté les albums et revues qui ont nourri ses débuts de dessinateur et sa vocation d’auteur. Ensuite, le visiteur pourra découvrir des planches originales extraites des réserves du musée et qui ont inspiré Fabcaro lorsqu’il était enfant, adolescent ou jeune adulte : Goossens, Gotlib, Blutch, De Crécy, Uderzo, Goscinny, Margerin, Trondheim.

Avant de pénétrer au cœur de la création de l’auteur, on visionnera une vidéo de Fabcaro au travail… dans sa cuisine ! Car Fabcaro dessine sur la table de sa cuisine, en musique, sur un papier de qualité basique, entre l’évier et le frigo. Le Formica qui titre un de ses albums, c’est finalement son quotidien, loin de l’image romantique d’un artiste dans un son grand atelier, entouré de dessins et de croquis.

En accompagnement de l’exposition, une monographie Fabcaro sur la colline, riche en documents inédits est publiée avec l’éditeur 6 pieds sous terre. On y reviendra. Sans oublier un cycle d’événements et de rencontres programmé à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image.

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