Tomahawk, Pocahontas, participation à Go West Young Man, Vanikoro la dernière escale de Lapérouse (Daniel Maghen), Iroquois, Patrick Prugne s’est spécialisé dans l’histoire de ceux qu’on doit appeler désormais les Amérindiens, terme générique et vaste. On préfère parler d’Indiens, de tribus, de Cherokee, de Sioux ou cette fois de Cheyenne. Ce sont eux qui donnent le titre au dernier album de Prugne dont on retrouve avec plaisir le dessin, les couleurs, un sens parfait de la mise en scène sans outrance. Prugne est donc et de loin le meilleurs chroniqueur de l’histoire dramatique de ces femmes et hommes sur leur territoires ancestraux chassés et massacrés par le colons blancs. Vol des terres, batailles qui se rapprochent d’un génocide, enfermés dans des réserves encore aujourd’hui, rien ne leur aura été épargné. Prugne expose les planches de cet album chez Maghen à Paris.

Juin 1864, des colons français avancent sur les terres de l’Ouest américain. Comme beaucoup d’autres ile s’installent sur des terres spoliées aux Indiens. Qui se battent et les attaquent, détruisent les caravanes. Mais les Indien sont toujours repoussés plus loin. Les bisons ont été décimés, le train traverse le pays, les villes poussent. Les frères Bent ont fait la guerre de Sécession. George et Charley retrouvent leur père, un éleveur mais leur mère est indienne. Ils sont métis et apprennent que les relations avec les tribus sont tendues. Ils sont Cheyenne et George va rejoindre les siens. Charley veut vivre comme un Blanc. Au village Cheyenne de Sand Creek les chefs se sont réunis et attendent la visite du commandant du fort voisin. Il faut trouver un accord mais tous ne le veulent pas et souhaitent rejoindre avec les plus jeunes guerriers les Sioux en guerre. George qui ne porte plus d’arme part vers la ville. Son frère va vers le campement Cheyenne de sa mère et redevient Black Bird chaleureusement reçu. Il comprend que tout a changé. A la ville les ennuis commencent pour George face à un officier nordiste.

Patrick Prugne s’est inspiré d’une histoire vraie et remonte les années qui ont vu mourir avec les Indiens leur culture ancestrale. Son dessin est digne des grands illustrateurs de cette époque comme Remington et l’étude du milieu est parfaite. La saga des deux frères est en fait exemplaire pris entre plusieurs feux qui s’ajoutent à leur métissage. Des citations authentiques et clairvoyantes sur le futur dont celle de Sitting Bull sur l’argent qui ne se mange pas sont autant de clous enfoncés dans le cercueil des Indiens. Sans oublier le massacre de Sand Creek thème aussi de l’album.Un cahier de croquis superbe conclue cet album qui est l’un des plus forts de l’auteur. On pense bien sûr au film Little Big Man.
Cheyenne, 96 pages, Editions Maghen, 19,50 €

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