Tomahawk, ne pas vendre la peau de l’ours

Un album de Patrick Prugne est toujours un évènement. Devenu spécialiste d’aventures qui se déroulent dans les grands espaces d’Amérique du Nord au XVIIIe siècle où s’affrontent Français et Anglais, il signe avec Tomahawk une nouvelle saga qui à la fois surprend et enchante par sa virtuosité graphique, sa richesse scénaristique à rebondissements multiples. En 1758, un milicien français va poursuivre sa propre guerre contre un ennemi qui n’est peut-être pas celui qu’il croit.

Tomahawk

Jean Malavoy est désormais milicien du roi de France marié à une Indienne, Abequa. Il est obsédé par un ours gigantesque à qui il manque une griffe. Un compte à régler entre les deux semble-t-il et Jean est prêt à tout. Quand on le lui signale non loin, il déserte mais le curé du coin le couvre. La patrouille à laquelle il aurait dû participer est décimée par des Indiens encadrés par des Anglais. Jean réussit à sauver un soldat, celui qui l’a remplacé. A eux deux ils pistent l’ours que Jean recherche depuis Montréal où il a été témoin et victime d’un drame affreux. Mais désormais ils ne sont plus seuls sur sa trace. L’ours ferait aussi un bau trophée pour un major anglais.

Tomahawk

La galerie des personnages que Prugne met en scène est prodigieuse. On pense beaucoup au Dernier des Mohicans et surtout au film tourné en Caroline du Nord. Il y a aussi en toile de fond la guerre franco-anglaise qui va mal tourner car à Versailles on se moque du Canada. La progression est parfaitement maîtrisée, les images sont de teintes parfaites, détaillées comme autant de petits tableaux croqués sur le vif. Et puis il y a un vrai suspense mais cela c’est une autre histoire à découvrir au fil des pages de cet album somptueux.

Tomahawk, Éditions Maghen, 19,50 €

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