Go West Young Man, Tiburce Oger et ses cow-boys

Un slogan, une pub finalement à l’époque que ce Go West Young Man qui incitait les plus jeunes à chevaucher à la fin du XIXe siècle vers le Far West, les terres sauvages, la Californie. C’est aussi quelques beaux titres du 7e art. Mais aujourd’hui c’est la chevauchée fantastique de Tiburce Oger avec la plus belle brochette de cow-boys du 9e art dont on va parler qui propose un album hors du commun. Oger avec la collaboration d’Hervé Richez, en a rêvé et il l’a fait, écrire une histoire complète dont chaque épisode est dessiné par un autre que lui, une montre en or en sera le fil rouge. Dire que le défi était de taille c’est une évidence mais aussi largement compensé par le talent évident des cavaliers. On les cite tous, Dominique Bertail, Michel Blanc-Dumont, Benjamin Blasco-Martinez, François Boucq, Steve Cuzor, Paul Gastine, Eric Hérenguel, Hugues Labiano, Enrico Marini (qui signe aussi la couverture), Ralph Meyer, Félix Meynet, Patrick Prugne, Christian Rossi, Michel Rouge, Taduc et Ronan Toulhoat. Qu’ajouter, que c’est un plaisir, une cavalcade où on aborde pratiquement tous les ressorts du western, que chaque histoire courte aurait pu faire un album.

Go West Young Man

Gastine ouvre la bal et le fermera en une planche, la Grande Dépression et un fermier qui est obligé de vendre son ranch tient entre les mains une superbe montre en or. Qui pourrait en raconter des faits et méfaits, des tranches de vie depuis le temps qu’elle passe de main en main. Elle a commencé son périple en 1673 récupérée par un chef indien sur un officier anglais. Un cadeau mortel puis un brave trappeur l’aura comme dot pour sa jeune femme indienne. Et elle lui portera peut-être chance dans son malheur. Comme ce ne sera pas le cas du type à qui va la prêter à un Noir, un guide à la famille décimée, dont l’épouse était indienne, ex-épouse de trappeur. La route est longue, bordée de cadavres et de destins hasardeux dans un Ouest où la mort est une compagne de chaque instant. Comme pour ces cavaliers du Poney Express qui portent le courrier.

Tout s’enchaîne avec rapidité, efficacité et émotion. Il y a un souffle évident dans ce Go West Young Man que ce soit dans l’écriture ou dans les variations graphiques des dessinateurs. A croire que la montre est envoûtée, pas maudite, encore que certains de ses propriétaires doivent se poser la question au fond de leur tombe paumée dans le désert du Nevada ou les Rocky Mountains. On a aimé aussi le clin d’œil à Peckinpah. A Wild Bill et à bien d’autres dont il faut pour le plaisir trouver la trace dans ses pages qui sentent la poudre mais surtout ont la marque des grands du western. Indispensable et un album rare.

Go West Young Man, Grand Angle, 19,90 €

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