Mode et BD, Angoulême s’offre sa fashion week dès le 26 juin 2019

La mode est-elle partie prenante de la BD ? Bonne question à laquelle le Musée de la bande dessinée d’Angoulême et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image vont tenter d’apporter une réponse documentée avec une exposition du 26 juin 2019 au 5 janvier 2020.

Mode et bande dessinéeUne certaine façon de redécouvrir l’eau tiède car on ne peut qu’être conscient de la participation de la mode à la BD. L’époque détermine les décors, les vêtements (pas toujours) des héros de papier, l’architecture à coup sûr comme avec Franquin ou Hergé, Vance ou Philippe Francq. Un sujet en fait pas si neuf mais peu exploité. L’exposition d’Angoulême veut aller au fond des choses. Mode et bande dessinée explorera toutes les facettes des relations entre ces deux univers : les influences croisées, la mise en scène de l’élégance et du milieu de la mode dans les récits dessinés, les collaborations d’auteurs de BD à des catalogues ou magazines de mode, les poupées de papier, etc. S’appuyant sur la collection du musée de la bande dessinée autant que sur les prêts issus de collections publiques ou privées (musées, maisons de couture, galeries, collectionneurs et artistes), elle réunira près de 200 pièces, des planches et dessins originaux, mais aussi des vêtements et des accessoires de mode, des parfums, des archives imprimés et des films.

Madila
Chantal de Spiegeleer, Madila, tome 1, planche 3. Le Lombard ®

Il y a des héros de bande dessinée indifférents à la mode, caractérisés par une mise invariable : les pantalons de golf et le pull bleu ciel de Tintin, (encore que dans Le Sceptre d’Ottokar), mais aussi le chandail de Haddock (qui sait porter monocle et costume trois pièces), le costume de groom de Spirou qui disparaitra avec Tome et Janry, la veste à longs pans, la casquette et l’anneau de Corto Maltese. De Bécassine à Popeye en passant par Gaston, Hypocrite, Charlie Brown ou Robert Bidochon, la liste est longue de ces personnages de papier qui portent, en quelque sorte, un uniforme contribuant de façon décisive à leur identité. Mais évoluent dans des mondes où la mode est omniprésente. Se limiter aux personnages est réducteur, un obstacle que se doit d’éviter le discours de l’exposition.

On verra qu’effectivement d’autres héros suivent l’évolution vestimentaire et sont toujours habillés à la mode du temps. Plus encore que refléter l’univers de la mode, la bande dessinée a contribué à l’imaginaire de la haute couture et plus d’un dessinateur de bande dessinée s’est affirmé comme grand créateur de costumes. Les passerelles sont nombreuses entre mode et bande dessinée, avec Winsor McCay, Lorenzo Mattotti, Jean-Claude Flo’ch, ou encore Paco Rabanne et Yves Saint-Laurent. Et certaines maisons de couture ou entreprises de prêt-à-porter n’ont pas dédaigné emprunter des motifs au Neuvième Art.

Quelques pièces exceptionnelles présentées dans l’exposition :

  • Winsor McCay : la planche originale où Little Nemo embrasse pour la première fois la princesse du Slumberland
  •  Moebius (Jean Giraud, dit) Arzak, peinture acrylique sur carton de, H130 cm x L97 cm
  • Yves Saint Laurent : cinq bandes originales inédites de la bande dessinée La Vilaine Lulu
  • Yves Saint Laurent : une poupée de papier confectionnée par ce futur grand couturier à l’âge de 17 ans, avec sa garde-robe
  • Thierry Mugler : modèle « Catwoman » conçu pour le défilé de mode Les Amazones
  • Bécassine : la robe portée par l’actrice Emeline Bayart qui interprétait ce rôle dans le film de Bruno Podalydès Bécassine
  • Bécassine « relookée » par les stylistes Sonia Rykiel, Nathalie Garçon, Corinne Cobson, Daniel Tasiak, Michèle et Olivier Chatenet
  • Trois foulards aux motifs graphiques d’après Valentina de Guido Crepax, ligne créée par le grand magasin italien « La Rinascente », années 1970
  • Un choix de bijoux créés par les dessinateurs Claude Renard et Laurent Vicomte.
  • Une sélection de dessins de mode d’Edgar Pierre Jacobs, Lorenzo Mattotti et Floc’h

Commissaire général : Thierry Groensteen
Commissaire associée : Anne-Hélène Hoog
Scénographie : Marc Vallet

Mode et bande dessinée
Croquis d’Yves Saint-Laurent
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