Black Badge, jeunes et doués

C’est un peu comme si les Castors Junior étaient devenus des émules de Mission Impossible, des ados pros de techniques dignes des meilleurs James Bond. Ils sont quatre et doivent accomplir, sous couvert de leur jeunesse qui leur permet de passer inaperçus, des missions violentes et tordues à souhait. Ils ont chacun des spécialités bien précises et ont tous le Black Badge, le summum des écussons donné par leurs maîtres en opérations commando. Matt Kindt et Tyler Jenkins, auteurs du très bon Grass Kings, se retrouvent pour un bon gros bouquin composés de chapitres courts, efficaces en diable, violents mais aussi plein d’une bonne dose d’humour très détaché.

Corée du Sud pour Mitz, Kenny, Cliff et le petit nouveau Willy qui cherche à obtenir son Black Badge, titre suprême. Mine de rien il se perdent pendant une balade en canoë et se retrouve en Corée du Nord. Objectif un centre de recherches et la capture d’un savant. Mais est-ce bien la raison de leur aventure ? Surprise à chaque mission. Russie ensuite dans un train où les Black Badge rencontrent une troupe de scouts canadiens qui sont en réalité leurs protecteurs et leurs surveillants. Cette fois c’est libérer dans un pénitencier un prisonnier politique qui a d’autres idées en tête. Et ça continue en Afghanistan à la recherche de Jimmy porté disparu et ex-membre du groupe. Cette fois les choses pourraient mal tourner avec une part non négligeable de manipulations en tout genre.

Black Badge

Ils ne sont jamais au bout de leur peine les Black Badge, ni de risquer leur vie malgré leur jeune âge. Est-ce qu’il savent aussi tout sur leur patrons et sur le monde qu’ils veulent défendre ? 300 pages pour découvrir aussi qu’il y a les Black Badge mais d’autres troupes encore de scouts, filles comprises, avec des badges de spécialités tout autant redoutables. On plonge à la suite de ces ados dignes des Forces Spéciales qu’il ne faut surtout pas prendre pour des idiots. Dangereux. Un scénario très évolutif qui peu à peu intègre des données plus politiques, morales. La frontière entre le défendable et l’indéfendable est volontairement mince. Plusieurs degrés de lecture et on a du mal à décrocher. Un look un peu rétro dans le trait.

Black Badge, Futuropolis, 29 €