Un petit air de Délivrance, le film, un patelin où il vaut mieux ne pas mettre les pieds, des cas sociaux sympathiques au demeurant qui ont fait un choix et vivent en autarcie dans une Amérique où ils ne se reconnaissent plus, Grass Kings c’est un monde à part avec ses règles façon hippie revisité tireur d’élite. Sauf qu’un tueur en série y a peut-être fait son nid, que le boss du coin est alcoolique depuis la disparition de sa gamine, que le shérif du comté aimerait bien venir régler ses comptes et flanquer un coup de balai parmi les autochtones. Tyler Jenkins et Matt Kindt ont façonné une série qui décape, sur des dessins qui explosent dans tous les sens du terme. Une vraie gifle Grass Kings, en trois tomes. On s’y accroche dès le début et on ne voit pas les pages filer. Frustré même à la fin du premier tome. Faux pas rêver, y en a encore sous la roue chez les solitaires du Grass Kingdom.
Une progression narrative toute en puissance, comme dans les meilleurs romans américains, de Steinbeck à Faulkner. Des héros entre deux, émouvants et agaçants, complètement hors normes mais aussi typiquement US. Voyage au bout de l’enfer, le film, aurait pu y placer certains de ses personnages. Les deux auteurs ont bien sculptés les acteurs de ce drame basé aussi sur la douleur de la perte d’un enfant, de l’indépendance et du refus des normes établies. Du grand art tout à fait brillant, sans fausse note. Vivement le prochain tome en mars, le dernier en juin.
Grass Kings, Tome 1, Futuropolis, 22 €
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