C’est toujours un plaisir de voir arriver un ouvrage dont Joël Alessandra a réalisé dessin et couleurs. Il nous l’avait annoncé et une fois de plus on est pris pas son talent qui avant tout est sincère, naturel, évident. Avec Dadji, de Dakar à Djibouti c’est un journal de route qu’il signe, celui de Elodie Arrault. Elle est une sportive de l’extrême, a perdu sa mère, le déclic, a sur se remettre en question et faire 8000 kms à pieds ou en vélo, voire à dos de chameau. Mais pas pour le fun, le goût de l’exploit. Elle voulait aller sur le terrain de la Muraille verte, un projet gigantesque de végétalisation afin de redonner au Centre de l’Afrique un avenir verdoyant, vaincre la sécheresse. Les couleurs, le trait d’Alessandra sur une mise en page très aérée donne à Dadji une force et une facilité d’accès qui en font un album à la fois militant mais aussi sans appel.
Elodie Arrault raconte son voyage de l’Atlantique à la Mer Rouge, accompagner un projet de lutte contre la désertification. Elle avait découvert l’Afrique il y a 30 ans, à Abidjan, question d’amoureux. Ils fondent une famille, reviennent en France, divorcent. Elle se consacre à l’oléiculture, se remet au sports mais en pro, travaille pour une ONG, ramasse les déchets sur les îles du banc d’Arguin. Elle rencontre Maurice Freund parrain de l’opération qui lui propose de le suivre dans l’Adrar, dans une oasis saharienne de Mauritanie. Elle veut traverser l’Afrique et découvre le projet Muraille verte qui doit bloquer l’avancée du désert en plantant des arbres sur une bande de 15kms de large et 8000 kms de long. Un défi impressionnant. Elle étudie les enjeux, part au Tchad, une logique dans la démarche. En 2022 ça y est, elle part pour son voyage engagé. Le périple commence mais rien ne va être vraiment simple.
Une aventure car c’en est une Dadji avec ses péripéties, ses espoirs, le courage aussi d’une femme qui sur son vélo s’élance sur les pistes, trouve des personnages d’exception comme Ginette qui a un jardin d’Eden sous le soleil de l’Adrar. Elodie Arrault ne va pas être déçue, tombe même amoureuse d’Hervé. Des portraits tout au long de la route, des constats pas toujours enthousiasmant, des projets courageux, Un récit très riche qui apporte sa dose d’espoir et met notre mode de vie en face de ses responsabilités, de notre facilité au gaspillage. Une leçon simple qu’il faut apprendre en lisant Dadji sur le très beau et percutant dessin d’Alessandra. Le réchauffement climatique existe, le nier est criminel.
Dadji, de Dakar à Djibouti, Futuropolis, 26 €
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