
On l’avait rencontré à plusieurs reprises. A Angoulême entre autres. Michel Plessix était un auteur attachant à l’image de sa remarquable et tendre adaptation du Vent dans les Saules d’après le classique roman anglais de Kenneth Grahame paru en 1935. Il nous a quitté en 2017, trop jeune. Il venait de signer l’affiche de Saint-Malo où il avait été primé. Il a scénarisé aussi les deux derniers tomes de La famille Passiflore chez Dargaud avec au dessin Loïc Jouannigot puis La Chasse au trésor. Son dernier album Là où vont les fourmis, avait paru chez Casterman peu avant son décès. Le Vent dans les Saules ressort dans une belle livrée au dos toilé en édition Prestige et réunit les quatre tomes de cette inoubliable et belle aventure animalière dans laquelle le dessin de Plessix apporte son talent tout en finesse à l’humour du récit original, Michel Plessix l’enrichit d’une dimension visuelle et artistique touchante qui a charmé tous les lecteurs.

Une vie calme dans une campagne verdoyante ou enneigée, Taupe, Rat, Crapaud et Blaireau sont de retour. Taupe est un maniaque de l’ordre mais maintenant qu’arrive le soleil, avec son chapeau melon et son beau costume il sort se promener. Fait une pause au bord de la rivière et rencontre Rat qui va devenir son ami. Pique-nique, canotage, et Loutre avec son maillot rayé qui aurait bien voulu être des leurs. Blaireau n’ose pas les rejoindre. Sans oublier Crapaud un brin gaffeur ce qui est le cas de le dire. Taupe est un gentil qui se fait avoir. On chavire un peu mais Rat est heureusement un rat d’eau. Un bon vin chaud au coin de la cheminée va les réchauffer. Dans son château, la manoir Tétard, Crapaud s’ennuie. Il voudrait voyager en roulotte et est prêt à partir avec eux. Une promenade où Rat est nostalgique de sa rivière. Crapaud est un flemmard. Taupe dessine tout au long du voyage. Et soudain déboule une automobile qui fait ses débuts. Il en faut une à Crapaud. Et une visite à Blaireau ? Taupe y va contre l’avis de Rat. Mais il faut traverser le Bois Sauvage qui a mauvaise réputation. Rat vole à son secours pistolet au poing. La neige se met à tomber, une découverte pour Taupe et qui les fait se perdre sans repères.

Plessix a bâti un univers graphique à nul autre pareil. La nature, les détails tout est peaufiné, souriant d’une vraie richesse graphique au ton finalement très anglais. comme des gravures encadrées. De courtes séquences qui s’enchaînent, on va aussi faire un tour chez les humains mais Rat et ses copains qui sont à leur image cohabitent. Noël, le réveillon, l’amitié, les lubies de Crapaud qu’il faut dompter et qui passe en Justice, conducteur suicidaire et dangereux. Il finit en prison. On est pris par le souffle de ce vent charmant, tendre et envoûtant. Quelques méchants bien sûr mais Taupe, Rat, Crapaud et Blaireau sont les meilleurs. A redécouvrir absolument et à faire lire aux plus jeunes.
Le Vent dans les Saules, édition Prestige, Delcourt, 128 pages, 22,50 €

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