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Udama chez ces gens-là, chacun pour soi et pas de cadeaux

Une histoire que l’on peut qualifier de comédie de mœurs, voire dramatique, un couple de bobos branchés parisiens et carriéristes ont un enfant. Il faut lui trouver une nourrice et c’est Udama une jeune Malienne qui va décrocher le contrat. Voire plus si affinités. Zelba a écrit et dessiné cette aventure, Udama chez ces gens-là (Brel pas loin) en teintes pas si douces qui d’un point de départ simple dérive vers son lot de manipulations morales et intellectuelles auxquelles le trio et l’enfant vont s’adapter. C’est peut-être là que le bât blesse dans le ressenti de cet album qui a un côté au demeurant très cinématographique et transposable sur grand écran.

Claire reprend son job après avoir eu Rose qui a un mois. Elle stresse car sa carrière passe avant tout. Ce que commence aussi à ressentir son mari Hervé. Un couple branché qui va rechercher une nounou pour Rose. Udama est malienne et accroche avec Claire bien que ce soit son premier poste. Entre Claire et son mari la grossesse et le boulot ont fini par dresser un mur d’incompréhension. Udama prend ses marques peu à peu et doit dépasser ses horaires car Claire est très prise professionnellement. Hervé finit par voir la jolie Udama d’un œil plus amical si ce n’est tendre. Udama a elle-même deux enfants et vit dans un taudis. Elle est prête à tout pour s’en sortir. Les années passent, Rose grandit et Udama est devenue indispensable. Hervé craque et tente de séduire Udama. Le piège va se refermer sur le trio dont les responsabilités sont partagées dans cet étonnant marché sentimental.

Celle qui marque les points, impose son jeu c’est Udama bien qu’elle soit elle-même traumatisée. Cela dit tout reste presque acceptable dans ce jeu gagnant-gagnant. Hervé cherche une mère plus qu’une maîtresse. De l’écoute et de la tendresse sans plus. Sa femme veut la paix. Maligne Udama qui a compris que si elle joue bien ses cartes elle a la chance de sa vie. On se demande toutefois si tout cela est crédible, qui est du bon côté de la barrière en fait mais comme tout ira bien… D’où cette sensation d’ambiguïté parfois qui pourtant s’estompe car il faut vivre si ce n’est survivre dans un monde qui ne fait pas de cadeaux. On aime le trait de Zelba dont il faut aller voir le blog.

Udama chez ces gens-là, La Boîte à Bulles, 20 €

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