Mangas

Sengo, le Japon après la défaite

Il y a peu, si ce n’est pas, de manga qui traite de l’immédiate après-guerre au Japon, l’occupation américaine après la capitulation et la bombe d’Hiroshima ou de Nagasaki. Ni de véritable retour sur ce qu’a été la machine de guerre japonaise meurtrière, sans pitié, équivalente à celle de l’Allemagne nazie, massacres et déportation comprise. Avec Sengo de Sansuke Yamada, on, est au cœur de cette période sans équivalent pour le Japon vaincu pour la première fois et surtout dominé sur son propre sol. Les deux héros sont camarades de combats et l’auteur ne cache en rien ce qu’ils ont fait, ou ont dû faire face entre autre en Chine. Un témoignage fort qui laisse un goût un peu amer dans la mesure où le Japon a été protégé par l’administration américaine, malgré ses crimes de guerre, car possible rempart contre la montée en puissance du communisme en Asie. Yamada remet les pendules à l’heure avec courage.

Il va falloir vivre, survivre sur les îles de l’archipel japonais en 1945. De retour du front Kuroda et son chef Toku n’ont pas la même vision des choses. La famine règne et Toku a une échoppe où Kuroda, une force de la nature le retrouve. Les soldats sont démobilisés mais livrés à eux-même. A Tokyo, dans les ruines dues aux bombardements, les deux hommes vont devoir composer avec la maffia qui gère marché noir et prostitution sous le regard voire l’aide des troupes US. Kuroda va avoir le tort de ne pas être d’accord sur le principe. Mais il faut s’adapter et en arriver aussi à se souvenir comment on est arrivé là. Toku est hanté par ce qu’il a fait pendant la guerre, prisonniers décapités, tués à la baïonnette et une escouade de cas spéciaux sous ses ordres.

Une histoire d’amitié entre deux hommes qui ont vécu le pire et s’en sont tirés au moins physiquement. La description des lieux, des ambiances, des faits sont d’un réalisme cru mais authentique. Le dessin de Yamada est parfait, une ligne forte, descriptive. L’histoire est-elle aussi sans faille, humaine avec ses peurs, ses regrets, ses remords. Un vrai travail non seulement graphique mais historique qui est en sept volumes.

Sengo, Tome 1, Retrouvailles, Casterman, 9,95 €
Sengo, Tome 2, Initiation, Casterman, 9,95 €

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