Les Morts ont tous la même peau, Blanc ou Noir ?

Second polar écrit par Boris Vian sous le pseudonyme sulfureux de Vernon Sullivan, Les Morts ont toute la même peau est assez proche côté histoire du premier titre, J’irai cracher sur vos tombes, mais en inversé. Un Noir-blanc a des états d’âme meurtriers et se prend à son propre jeu si ce n’est piège. Une adaptation de Jean-Dominique Morvan avec au dessin German Erramouspe et Mauro Vargas pour un graphisme carré et réaliste, déchainé par la violence de l’action. Une mise en lumière de Vian qui vaut le détour même si ce n’est pas le meilleur de ses polars à la Sullivan.

Les morts ont tous la même peau

Dan Parker est videur dans une boite et se sert de ses poings par obligation mais aussi par plaisir. Il hait les Noirs et blanc de peau il est pourtant issu d’un mariage mixte. Et les Blancs sont pour lui une cible qui le ravit car ils ne savent pas que c’est un métis qui les tabasse tous les soirs. Mais dans sa tête Parker est blanc. Il a des aventures torrides avec des Blanches jusqu’au jour où son frère Richard, qui est Noir, vient le faire chanter. Parker est marié et à un enfant aussi blanc que lui. Parker ne peut accepter que Richard lui dise la vérité.

Les morts ont tous la même peau

Vian-Sullivan répond à sa logique créatrice avec ce polar. Il reste, comme le dit dans sa préface Nicolas Bertolt, fidèle à sa pensée. Au passage Vian se paye le Comité d’action sociale et morale qui rêve de censure. Il y a un suspense bien sûr à rebondissement. On est très Série Noire à l’époque mais en nettement plus hard pour Sullivan. Vian tire des ficelles qui ne peuvent que chagriner son public et ses lecteurs de base de L’Écume des jours. De l’ultra sexe qui est curieusement comme dans J’irai cracher sur vos tombes la base du récit, les inquiétudes de Parker de ne plus avoir envie de sa femme blanche, ses retrouvailles physiques avec des Noires, et sa couleur de peau, un gentil flic, Vian fait un cocktail ambigu que la BD rend parfaitement.

Les Morts ont tous la même peau, Glénat, 19,50 €

Les morts ont tous la même peau