Piscine Molitor, une réédition à ne pas manquer dans le cadre du centenaire Boris Vian

Comme quoi avoir des archives, les avoir préservées révèlent de bonnes surprises. Dupuis réédite en tirage limité de 1500 exemplaires, Piscine Molitor paru en 2009 où évoquer Boris Vian était plus un retour nostalgique sur un grand talent protéiforme générationnel mais en marge de l’actualité de l’époque. Le centenaire de sa naissance (il est né en 1920) a donné un retentissement certain au nom de Vian, à son œuvre, qui s’appuie sur de très beaux albums que l’on va traiter, dont J’irai cracher sur vos tombes ou l’Écume des Jours illustrée. Piscine Molitor, ouvrage remarquable et inspiré, avait plus que sa place en haut du palmarès. Seize pages supplémentaires de dessins clôturent l’album.

Voici ce que l’on écrivait en 2009 : Si vous avez une passion pour Boris Vian ou pour le découvrir, offrez vous Piscine Molitor de Christian Cailleaux et Hervé Bouhris. Cette biographie dessinée qui inclut la dernière année de Vian (il meurt en 1959) redonne vie à l’un des écrivains, musiciens, paroliers, les plus mythiques des années cinquante, disparu à l’aube de la quarantaine. Cailleaux pour le dessin et Bourhis au texte ont finalement fait œuvre de mémoire. Témoin d’une époque aujourd’hui un brin oubliée, Vian est l’auteur de L’Écume des jours, roman qui a bercé des générations d’adolescents. Il signera aussi un polar très violent et érotique, J’irai cracher sur vos tombes. Fan de jazz, musicien averti, on lui doit la chanson Le Déserteur. Malade il meurt à quarante ans. Tout est précis et vrai dans cet album. Vian a été comme Sartre ou Prévert un incontournable de l’après-guerre mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Piscine Molitor

Dix ans après, on rebat les cartes et Vian fait la Une. On ne s’en plaindra pas. La vie de Vian est une succession de combats, de surprises, de coups de génie, de rencontres. Il aime Jarry et Ubu, joue du jazz sur sa trompette et est déjà malade. Ingénieur, il préfère écrire, découvre Sartre, Queneau, Gréco avec Miles Davis, publie L’Écume des jours sorte de conte inclassable. Vernon Sullivan signe, un pseudo, J’irai cracher sur vos tombes. Scandale, procès face à ce Blanc-noir qui finira mal, héros du bouquin. La suite on vous la laisse découvrir sur l’air de On n’est pas là pour se faire engueuler, Fais moi mal Johnny ou La java des bombes atomiques. Un bonheur à écouter religieusement, inégalé. Vian c’était l’humour froid, l’inquiétude, la poésie, pas vraiment la joie de vivre mais un vrai passeur enthousiaste comme le disent Bourhis et Cailleaux auteurs aussi de Jacques Prévert n’est pas un poète.

Piscine Molitor, Édition spéciale, Dupuis, 19,90 €

Dédicace d'Hervé Bourhis et Christian Cailleaux
Souvenir d’une rencontre. JLT ®