La Brigade des souvenirs 1 et 2, le club des trois Marko, Carbone, Cee Cee Mia

Une série jeunesse signée par celle qui depuis La Boite à musique caracole en tête des scénaristes à succès justifié par son inventivité, son originalité et les qualités de son écriture. Carbone, avec Cee Cee Mia, a mis au jour un trio qui pourrait figurer dans la Bibliothèque Verte, un Club des Cinq revu à la baisse côté effectifs. Trois ados se lancent à la recherche de personnages anonymes, remontent la piste de leurs histoires et de leurs destins, à partir d’une lettre pour le tome 1, de photos oubliées dans un appareil pour le tome 2. On avait découvert La Brigade des Souvenirs dans Spirou mais leurs sorties en album donne encore plus de saveur à leurs aventures agrémentées de dossiers didactiques en fin d’album. Et puis il y a la douceur du beau dessin de Marko après bien sûr Les Godillots mais aussi la très bonne saga Le Jour où avec BeKa. Tout en finesse le trait de Marko pour ses trois héros de la Brigade, joyeux, tendres, avec de l’humour, mais investis dans leurs recherches qui ont toutes une base historique véridique. Alors, on profite de l’occasion, deux albums à lire coup sur coup, Marko, Carbone, Cee Cee Mia, on se redonne un petit coup de jeunesse avec émotion garantie.

La lettre de Toinette à Ernest, un poilu retrouvée dans une vieille boite de gâteaux qui date de 1918. Alban, Théo, Tania décident d’en savoir plus sur les mots pleins d’amour désespérés écrits sur le papier défraichis. Mais comment savoir plus d’un siècle après qui était Toinette et Ernest ? Il faut aller frapper à bien des portes, retrouver un vieil instituteur, fouiller aux archives départementales, s’embarquer sur des pistes en cul de sac, découvrir un dispensaire où étaient soignées les blessés en 14. Après, suspense oblige, on laisse le plaisir des rebondissements, des ambiances aux lecteurs en affirmant que la Brigade a démarré très fort avec ce tome 1. Le dossier final rappelle que la base de l’histoire est authentique et revient sur la place de la femme dans la société pendant la guerre, son absence de droits jusqu’à encore pas si longtemps.

Le tome 2, Mon île adorée, c’est la découverte d’un vieil appareil photo aux Puces, un bakélite Sport Fex, par Camille un collectionneur photographe. Tania, Alban et Théo l’accompagne car il va développer la pellicule qui est encore à l’intérieur. Ce sont des photos d’enfants dont un qui revient souvent, un gros avion, une R16 des années soixante-dix. Tania est sûre que cet enfant qui a vieilli voudrait retrouver ses clichés mais comment faire pour les lui donner ? Pas d’identité mais peut-être une piste avec la plaque de la R16. Et enfin on sait que l’enfant aurait été adopté car de 1963 à 1982, 2150 jeunes Réunionnais orphelins ou pas ont été envoyés en métropole dans des familles. Il s’appellerait Christophe et grâce à un flash-back bien traité en sépias on va savoir que le jeune garçon a rencontré sa bonne fée. Mais tout commence alors pour le trio qui n’est pas au bout de ses peines. L’histoire des enfants de la Creuse, là où avaient été envoyés les gamins est vrai. C’est Michel Debré qui voulait repeupler les campagnes françaises. On n’avait pas dit aux parents que les enfants ne reviendraient pas à la Réunion. La Brigade des souvenirs a levé le voile et tant mieux.

La Brigade des souvenirs, Tome 1, La lettre de Toinette, Dupuis, 12,50 €
La Brigade des souvenirs, Tome 2, Mon île adorée, Dupuis, 12,50 €

La Brigade des souvenirs