Une gamine déportée avec sa famille, son père ne reviendra pas mais elle restera malgré tout soudée avec sa mère et ses jeunes frères, se battra pour survivre dans les camps. Une très longue marche remarquablement documenté qui montre une fois de plus que la Shoah n’a pas été l’oeuvre d’une minorité de SS nazis mais sous couvert d’une grande partie du peuple allemand qui a renié ses propres ressortissants juifs. U ouvrage indispensable où tout est vrai que raconte Lili Keller Rosenberg avec Boris Golzio au dessin. Avec un tout petit défaut, certaines cases sont trop bouchées par des couleurs sombres.

2015, une vieille dame est convoqué à la police pour récupérer une pochette perdue. Le policier est dans un premier temps odieux et soudai reconnait sa voix. Lili était venue dans sa classe témoigner de la déportation, des camps de la mort. Le jeune policier ne l’avait jamais oubliée, ni sa leçon de dignité. 1943 les Rosenberg ne sont pas inquiets. Lili a 11 ans, Robert est son cadet, André le dernier a 3 ans. Ils portent l’étoile jaune, il sont juifs non pratiquant mais ce sont faits recenser. Erreur. Des amis vont les cacher pendant un an. Ils reviennent chez eux en octobre 43, la Gestapo les rafle et ils ont été vraisemblablement dénoncés. Les parents et les trois enfants commencent alors un calvaire dans une multitude de lieux. Lille, Bruxelles, on les sépare du père. Lilli découvre la prison mais retrouve son père pour aller dans une caserne à Malines. Un tri, qui ira. dans les chambres à gaz où travailler de force. On les enregistre avec des Tziganes, des Français et des Hollandais. IL sont trop nombreux pour le camp mais Charlotte la mère instaure une discipline pour ses enfants. Brimades, coups, humiliations, ce n’est qu’un début.

Il y aura la marche, les trains, le père trié. Ravensbrück camp de femmes ouvert en 1939 dont on découvre les évolutions. On les rase, on les numérote, la faim, la mort, la maladie. Une organisation implacable que Lili raconte protégeant les siens. Les images sont insoutenables, l’émotion, le chagrin aussi. C’est sûrement le premier album qui donne toute la réalité abjecte de la déportation jusqu’à la libération par les Anglais qui n’en croiront pas leurs yeux. Les Allemands iront même à négocier la libération de juifs contre du matériel. Le retour à la vie difficile, témoigner contre d’abjects révisionnistes, Lili n’aura jamais cessé de résister.
Lili toujours debout jusqu’au bout, 240 pages, Glénat, 25 €

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