Irena T5, l’horreur jusqu’au bout

La fin d’une série qui aura marqué les esprits. Avec Irena dont c’est le dernier tome à paraitre, le 5, Jean-David Morvan, David Evrard et Séverine Tréfouël ont rendu justice et hommage à un personnage hors du commun, Juste parmi les Justes, Irena Sendlerowa. Elle sauvera plus de 2000 enfants polonais en réussissant à les faire sortir du ghetto juif de Varsovie où les Allemands les ont parqués avant de les déporter ou de les massacrer. Elles les placera dans des familles chrétiennes et gardera une trace de leur fuite. On retrouve Irena à Yad Vashem en Israël au mémorial de la Shoah en 1983, une reconnaissance tardive mais aussi l’occasion pour Irena de revenir sur des faits tragiques, courageux, ignobles provoqués par la barbarie nazie.

Irena Elle a de la chance Irena et raconte comment elle s’est remise de sa blessure au moment où la résistance polonaise se bat contre les Allemands à Varsovie. Infirmière dans un hôpital clandestin elle réussit à convaincre les soldats nazis dont un officier de les épargner. Les Soviétiques rentrent dans la ville en janvier 1945 après avoir laissé les Allemands faire le ménage parmi la Résistance qui aurait pu s’opposer à eux et à la volonté communisante de Moscou. Une occupation en remplace une autre. Irena accueille de jeunes enfants libérés des camps.

C’est aussi des épisodes importants l’insurrection de Varsovie, l’attitude de Staline qui donne ordre à ses troupes de ne pas intervenir, empêche les Alliés de parachuter des armes sur Varsovie, et ensuite met la Pologne sous tutelle. On est pris à la gorge par l’émotion à la lecture des réactions de ces petits survivants des camp, de leurs cauchemars, du sentiment de culpabilité d’Irena pour n’avoir pu sauver plus d’enfants. Bouleversant, comme les autres albums, ce retour sur ce qu’a été la souffrance terrifiante de ces gamins dont les mères ont été gazées, le choix de ce médecin qui refuse l’aide d’un Allemand et monte dans le train où sont les enfants qu’il a en charge. Il mourra avec eux dans le camp. Tout dans cet album est important, grave, nécessaire pour se souvenir et ne pas oublier. On ne peut que remercier les auteurs de les avoir faits avec sensibilité, tendresse, rigueur historique et affection. Marek Halter signe la préface. Une postface forte et parfaite de Didier Pasamonik conclue la série.

Irena, Tome 5, La vie après, Glénat, 14,95 €

La vie après