La Troisième nuit au Festival de Cannes, le sauvetage des enfants juifs de Vénissieux raconté aussi dans Vous n’aurez pas les enfants

À l’occasion de la présentation à Cannes Première au Festival de Cannes 2026 du film La Troisième nuit de Daniel Auteuil qui traite de l’histoire du sauvetage des enfants de Vénissieux, il faut rappeler une bande dessinée Vous n’aurez pas les enfants qui avait remarquablement traité le sujet. On l’avait traité sur ligneclaire.info.

Un rappel  du film : Août 1942. En pleine occupation, le gouvernement de Vichy organise une rafle massive de Juifs étrangers. Gilbert Lesage, jeune fonctionnaire au Service Social des Étrangers, est chargé d’organiser une commission de criblage pour statuer sur le sort des Juifs arrêtés, tandis que l’abbé Alexandre Glasberg, humanitaire engagé, manœuvre pour les sauver. Pris entre la bureaucratie de Vichy et les réseaux d’entraide, ils vont devoir s’allier pour défier la machine d’État et risquer l’impensable pour arracher des vies au destin funeste qui leur est promis.

Et la BD : Août 1942, région lyonnaise. Dans une France déchirée, le gouvernement de Vichy s’apprête à organiser une nouvelle rafle après le Vel’ d’Hiv’, en livrant à l’occupant nazi des juifs étrangers de la zone libre. Parmi eux figurent des centaines d’enfants. Quand l’abbé Glasberg apprend ce qui se trame, il a peu de temps devant lui pour agir. Fondateur de L’Amitié chrétienne, l’homme d’Église a épluché méthodiquement les lois jusqu’à trouver une faille : ses espoirs reposent sur une liste d’exemptions ! Sous couvert d’aider à trier les internés qui affluent,  l’Abbé entame un véritable combat administratif. Grâce à une chaine de solidarité d’une ampleur inédite formée par des citoyens, des résistants et des membres de l’œuvre chrétienne, il va réussir à exfiltrer un très grand nombre de personnes du camp de Vénissieux en fournissant notamment de faux documents. Mais il sait que les convois vont bientôt emmener les femmes et les enfants qui restent. Il sait aussi qu’un ultime alinéa stipule l’impensable. Si les parents abandonnent leurs enfants, ces derniers ne peuvent être déportés. Le stratagème est déchirant. Dans la nuit du 28 au 29 août 1942, des mères et des pères vont faire un dernier acte d’amour pour éviter à leurs enfants la solution finale.

Le sauvetage de 108 enfants du camp de transit de Vénissieux restera à jamais dans les mémoires. Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez livrent une adaptation fidèle du livre de l’historienne Valérie Portheret qui signe ici la préface, à travers un album bouleversant où se pose la question de la responsabilité de chacun. Entre témoignage et travail de mémoire, le trait est sombre et le scénario concis. Il n’y a pas ici de grand héros, mais une solidarité qui rend compte du courage collectif face à l’inacceptable. Une œuvre édifiante à mettre entre toutes les mains. Historienne, Valérie Portheret a reconstitué, au terme de vingt-cinq ans de recherches, ce sauvetage des enfants du camp de Vénissieux, recueillant partout dans le monde, la parole d’un très grand nombre d’entre eux.

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