Tome 2 de Je suis né roumain, après La Citadelle de l’enfance, La Maison de glace continue à explorer au quotidien la dictature de Ceausescu dans les années 80. Daniel Horia a pour narrateur le petit garçon qu’il a été confronté à un régime communiste sans pitié dans lequel sa famille est prise au piège. Mais ses parents vont en plus se déchirer entre eux. Dany prend peu à peu conscience que la vie n’est pas toujours simple à Bucarest où règne la peur et la pauvreté organisée. Toujours aussi accrocheur que le premier volume et un témoignage bouleversant.

Eté 1986, son père offre à Daniel, Dany une pochette de timbres pour sa collection. Dany les adore et bientôt ils iront à la mer. Les voitures selon leur numéro pair ou impair peuvent circuler d’un week-end sur l’autre. Direction la plage car rare avantage de la Roumanie communiste les vacances à la mer ne sont pas chères. Et Dany visite des ruines romaines à Histria ce qui lui fait un choc. Il se retrouve dans un monde inconnu, ressent la notion de temps. Il se demande aussi et le dit à ses parents ce qu’il y a là-bas, très loin. La Bulgarie et la frontière. Il aimerait y aller mais ne comprend pas pourquoi ses parents sont gênés de lui répondre. Impossible de sortir de Roumanie. A la montagne Dany retrouve son copain Cosmin et sa famille. Des balades, des buissons de mures, un ours, une tempête et des étoiles filantes, un OVNI ? Retour à la maison, retrouvailles avec papy Tao qui lui insuffle la passion pour le dessin, l’art, la musique et la nature. Mais il s’est passé quelque chose, la maison a été cambriolée, les objets précieux volés. Impossible de les remplacer facilement car tout est hors de prix. Dany entend ses parents se disputer violemment. Ce qui lui est insupportable.

Montée en puissance sur plus d’un plan dont la famille qui se désagrège, une réalité qui n’est pas aussi belle que ce que souhaiterait Dany. Le chauffage rationné, le froid dans l’appartement et aller s’installer chez les grands-parents. On a du mal à imaginer ce qu’a pu être cette époque que ce soit en fait en Roumanie, le pire endroit, ou dans d’autres pays communistes, Allemagne de l’Est ou ailleurs. On revient aussi sur la jeunesse des parents, leur mariage, leur vie avant la naissance de Dany. La fresque sociale, politique, familiale est celle de l’univers d’un petit garçon gentil propulsé vers les angoisses des adultes. On attend avec impatience le tome 3.
La Maison de glace, 304 pages, Paquet, 19 €

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