Un Homme qui passe, Dany pour un couple en huis-clos

Retrouver Dany dans un one-shot est toujours un plaisir. D’autant que c’est Denis Lapière qui est au scénario dont on gardé un excellent souvenir à travers aussi sa collaboration avec Pellejero pour Un peu de fumée bleue ou L’impertinence d’un été. Un Homme qui passe est un huis-clos dans lequel un photographe célèbre, Paul, revient sur sa passion, les femmes. Il les aime et dans son prochain livre elles en seront les héroïnes. Mais qui est la belle Kristen qu’il sauve du naufrage au large de l’île normande de Chausey ? Le duo Dany-Lapière met en scène un face à face violent, poignant qui ira crescendo, sans temps mort ni pitié.

Une tempête et Paul qui part sur la plage, un Colt à la main pour ce qu’il semble être une envie d’en finir. Mais au loin une fusée de détresse brille. Paul, sur sa vedette fonce vers le voilier qui s’est échoué sur des rochers. A bord il y a une jeune femme qu’il sauve, Kristen, qui travaille dans sa maison d’édition et est venue voir où il en était de son prochain bouquin. Paul travaille sur un projet très différent de ce qu’il a fait avant. Autour de lui, il n’y a que des photos de femmes, nues ou portraits. Paul avoue à Kristen que chacune d’elle est une histoire à part entière, d’amour ou pas. Paul n’est pas un dragueur. Il aime les femmes et se montre honnête, désarmant avec la jeune femme.

Il est bien sûr évident que la belle Kristen n’est pas là tout à fait par hasard mais il faudra lire cet album très sensuel pour en savoir plus. On pense un peu aussi à Truffaut et son film L’Homme qui aimait les femmes dont le héros était joué par Charles Denner. Paul qui a un petit air de son dessinateur au moins dans le physique, va décliner un parcours non sans obstacle et dont le dernier pourrait bien lui être fatal. Un drame sous un crayon qui sublime, et oui, les femmes ce qui chez Dany est un vrai talent, avec un personnage ambigu. Manipulations et une jeune femme blessée qui ne peut accepter la façon d’être de Paul, un homme d’un autre temps. Bien mis en scène cet album avec tous les ingrédients nécessaires et le dessin d’un Dany envoûtant à la très forte puissance évocatrice du mal être de Paul.

Un Homme qui passe, Aire Libre Dupuis, 16 €

Un Homme qui passe