Roncevaux, légende et réalité ?

C’est dans l’histoire de France un fait d’armes qui est curieusement resté dans les mémoires plus ou moins parfois récupéré politiquement. En 778, Roland, preux chevalier de Charlemagne souffle sans son cor au col de Roncevaux pour prévenir l’armée royale de l’embuscade Vascon, des Basques, et, c’est la légende, pour casser sa fidèle épée qu’il ne veut pas voir finir dans d’autres mains, taille la montagne en deux. On peut ajouter qu’il avait tellement soufflé dans son olifant qu’il s’est fait exploser les artères. La Chanson de Roland a été trois siècles plus tard un best-seller du Moyen Âge mais les Vascons sont devenus des Sarrasins, Croisades obligent. Reste donc la vérité historique qui ne fait pas de Roncevaux une grande bataille mais une vilaine escarmouche où Roland et d’autres ont été tués en couvrant les arrières de l’armée de Charlemagne penaude. D’où l’intérêt de cette nouvelle série, Chroniques de Roncevaux dont le premier épisode traite de la légende de Roland. Juan Luis Landa est aux pinceaux, crayons, textes pour cette nouvelle version de la geste du preux Roland.

Chroniques de Roncevaux

On convertit ferme mais on massacre aussi en ces temps violents avant l’an mille. Les Saxons en font les frais et Roland est contre eux. Mais une sorcière lui prédit une mort dans l’année. Ils ont tué le dernier druide au nom du Christ. Pour Charlemagne c’est le sud de l’Europe dont il faut chasser les païens, les Sarrasins qui sont en Espagne. Charlemagne et Roland s’affrontent en tournoi quand arrive une délégation de Sarrasins. Ils veulent que Charlemagne viennent au nord de l’Andalousie car ils se sont rebellés contre l’émir de Cordoue Abd Al Rahman. Pour preuve ils livrent un de ses généraux. Charlemagne se souvient de Poitiers et les Francs avec Roland sont sûrs qu’il faut aller chasser l’émir d’Espagne. Pour raconter sa quête, Charlemagne engage un moine. On est en 778.

Chroniques de Roncevaux

L’ambition détourna Charlemagne de sa prudence coutumière. Il va accumuler les erreurs, un brin trahi mais Zorro-Roland est là. La suite dans un tome 2 où évidemment la fin est connue mais cette mise en image très héroïque se laisse découvrir et lire. Un dessin riche et académique pour un album à grand spectacle.

Chroniques de Roncevaux, Tome 1, La légende de Roland, Glénat, 14,95 €