Héros de guerre, Léo Major le Canadien invincible de la Normandie à la Corée

 

On se souvient de la biographie d’Audie Murphy, un GI’s héros de guerre qui avait en suite raconté sa vie au cinéma. Albert Roche avait inauguré la série qui racontait comment des anonymes sur le champ de bataille s’étaient dépassés et avaient accompli des exploits extraordinaires. Avec le Canadien Léo Major dont on ignorait tout, c’est le parcours d’un solitaire que rien n’arrête, simple, courageux et qui n’a jamais cherché la reconnaissance. Julien Hervieux au scénario spécialiste du genre, Damien Jacob au dessin et couleur rendent un hommage largement mérité à un homme dont la vie est un exemple d’abnégation en faveur de son pays et de la liberté.

1930 Montréal, un jeune garçon est battu par son père alcoolique. En 1939 il est devenu un spécialiste en explosifs. Il décide de s’engager et sa spécialité lui en ouvre les portes. Le 6 juin 1944 les Canadiens débarquent à Juno Beach. Léo Major est dans une barge. Une boucherie sur la plage mais il réussit à faire sauter le blockhaus allemand dont la mitrailleuse tue ses compagnons. Major continue seul dans la campagne normande, capture un engin chenillé et ses codes de communication, refuse de le donner à un officier anglais. Aux Canadiens seulement. Il est aussi sniper mais volontairement ne fait que blesser ses cibles. Une grenade lui fait perdre un oeil mais pas question de rentrer chez lui. Le 31 octobre 1944 aux Pays Bas cinquante soldats disparaissent. Major y va, capture seul une compagnie allemande qui lui dit où sont ses amis. Montgomery veut le décorer. Léo refuse car il le juge incompétent. Des blessures il en accumule. Direction les Pays-Bas et avec son copain Willy va à Zwolle. Willy est tué et Léo fait un carnage d’Allemands, les oblige en mentant à évacuer. Les Allemands pensent qu’il est l’élément précurseur d’une armée. Il met le feu au QG de la Gestapo à y être.

Inconnu dans son propre pays, il va y avoir la Corée en 1950 et il repart avec des Québécois, prend une colline tenue par des milliers de Chinois. Une saga unique pour un homme modeste qui ne s’est jamais vanté de ses faits d’arme. Il savait bluffer, croire et oser comme disait le général Bigeard. Il y a toujours eu des Léo Major, certes rares mais indispensables pour que les vraies démocraties puissent vivre. Une série qui remet les pendules à l’heures dans un monde déstructuré aujourd’hui.

Héros de guerre, Léo Major, 56 pages, Grand Angle, 15,90 €

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