Hey June, don’t let me down Fabcaro

Bon, c’est Fabacaro qui signe le scénario. Premier bon point. Le titre ensuite, Hey June avec clins d’œil nombreux, de la couverture à quelques passages intérieurs, aux Beatles dont ce brave Ringo qui a tout faux. Après, c’est Evemarie qui dessine des gags d’une fille, illustratrice solitaire, pas vraiment abandonnée mais presque en rupture de vie sociale. En prime, elle veut arrêter de fumer. Attention, elle est sympa June, jolie si on aime les franges, les grandes brunes et les caractères très affirmés. Au total, de l’humour, du charme, de l’ego, de la distance, une trentenaire qui a parfois du mal dans sa peau mais que son goût de la dérision va sauver. A noter que Fabcaro fait de la figuration dessinée dans quelques planches. Cherchez Charlie.

Hey JuneUne journée de trentenaire qui commence par du reggae, c’est pas bon signe. June a un doudou dans son lit, pas un amant. Elle a du mal côté vie amoureuse l’illustratrice. Ses clients l’agacent mais les Beatles sont là. Même si Ringo mâche faux. Let it be, mais elle chante comme un chat en chaleur. Hop, elle décide de laisser tomber la clope. Duo irrésistible en son paquet et elle. Surréalisme assuré. Famille je te hais, c’est sa formule. Un brin faux-cul la June, provocante mais oubliée dans le casting familial. On sent qu’elle en a bavé. « – Et tonton, il est pas venu ? – Mais June il est mort il y a un mois. – Ah c’est pour ça. » Ou « – Tu sais June, un jour nous tes parents on ne sera plus là. – Ah bon vous allez déménager ? »

Une horreur la June, un peu à la Sylvie Joly dans le texte. Fabcaro s’en donne à cœur joie dans cette folle journée de June la battante. Des titres de pages qui sont parfois autant de chansons des quatre garçons dans le vent. Donc on aime. Un humour qui grince sans Trois en un mais de l’émotion aussi car elle voudrait bien l’attraper son petit bonheur, June. Et puis il y a le dessin d’Evemarie qui fait la balle, comme on dit. Un joyeux délice délire le trio.

Hey June, Delcourt Pataquès, 9,95 €