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Mélodie au crépuscule, un échassier qui a le blues

Ce n’est pas un oubli mais parler du retour de Mélodie au crépuscule demandait la sérénité de l’été, la douceur de la brise marine et de ne pas être submergé par les sorties d’albums en tout genre. On avait beaucoup aimé Saveur coco de Renaud Dillies sans oublier comment Dillies avait conquis Angoulême puis le festival BD de Sérignan la même année avec ses aventures animalières racontées dans Betty Blues en 2004. Déjà. Humour et tendresse étaient au rendez-vous. Il avait adapté ensuite un conte de Grimm, Frère Joyeux, la balade d’un gentil bonhomme à nez rouge. Et puis c’est sur l’édifiante vie de Scipion Nisimov que Dillies s’était penché, entre rêve et réalité, poésie et tendresse. Un récit poétique et émouvant souligné par les inventions graphiques de Dillies, découpage, cadrage, le trait léger et émouvant.

Scipion Nisimov est un oiseau à long bec qui fume trop. Il est un peu perdu dans sa tête d’échassier quand sa rencontre avec un Manouche convivial, Tchavolo Naguine, va changer le cours de sa vie. Ils vont devenir amis au coin du feu mais Scipion aura une très mauvaise surprise en rentrant chez lui. Sa tendre fiancée Daphné en préfère un autre. Ecrasé Scipion, balloté, mais la musique de Naguine va lui rendre un brin le moral. Et en prime il lui offre un violon un peu magique, très rare dont Scipion va faire vibrer les cordes. Naguine s’en va. Scipion rentre chez lui, retourne au boulot et commence alors une prise de conscience qui va tout remettre en question

Il est fou Scipion, largue les amarres, joue du violon sur les toits et part à la recherche de son Manouche qu’il n’aurait jamais dû quitter. Mais où est donc passé Naguine ? On est pris entre deux feux. Quelle est la bonne histoire ? Celle qu’il vit où celle qu’il a dans sa tête Scipion ? Finalement la poésie c’est pas toujours drôle. Une mélodie au crépuscule cela peut aussi faire couler des larmes, être un peu triste. Un bonheur de conteur ce Renaud Dillies, ses pages grandes, bourrées d’idées, où les portées s’enroulent de case en case. Dillies aime le blues. Un album tout public, à raconter même, en suivant du doigt les pas hésitants de ce curieux et si attachant volatile.

Mélodie au crépuscule, Paquet, 17 €

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