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Quand j’étais petite je rêvais d’être une muse, pas gagné d’avance

Il y a des destins qui interpellent des vocations qui sont des sacerdoces. Ou presque, séminaire en moins par contre. Quand j’étais petite je rêvais d’être une muse de Erell Hannah et Maëlle Reat est une épopée moderne mais en fait intemporelle car les muses sont antiques. Enfin pour les origines. Elles ont traversé les siècles, elle le raconte, et voilà donc Dana qui se lance dans la partie. Elle cherche presque son alter ego, homme à priori qui flashe sur elle et se sente submergé par l’inspiration. Picasso et Dora Maar, Kiki de Montparnasse et Man Ray, Dali et Gala, et bien d’autres sauf que Dana muse oui mais artiste aussi. D’où on en arrive à un conflit intellectuel, artistique, moral, la panade mais un album qui sonne très juste avec humour et tendresse. Sortie le 26 août prochain.

Elle en a rêvé dès décembre 1998, elle lit tout ce qu’elle trouve, écoute de ma musique, admire les peintres français et espère qu’un jour ce sera elle qui inspirera les auteurs. Elle veut qu’on la voit. Elle trouve fabuleux que la manière dont les artistes selon la façon dont ils vous regardent vous transforme dans leurs créations. Défauts de caractères deviennent une personnalité, défauts physiques des particularités. Tout un programme car en plus elle ne fait pas des ravages parmi ses copains de collège. Va y avoir du boulot. Chambre de bonne à Paris et que le destin la guide jusqu’à ce jour du 10 octobre 2008 où il tape à sa porte. Un homme, Bastien, un voisin et c’est parti. Duo tendre et charnel, Dana a des yeux mimosa. Elle va peut-être enfin former le couple dont elle rêve. Sohan sera le suivant, pas question d’arrêter. Andrea, roi des chaises qui la prend pour modèle avec un résultat inattendu. On abrège la liste et on en arrive à William, le photographe. Elle apprend dit-elle à penser le monde. Dire non à la morale c’est s’inscrire comme créateur. Pendant huit ans elle se forme au beau job de muse, se perfectionne, potasse le sujet. A 24 ans elle est une pro. En 2016 elle perd sa mère. Bascule et comme elle tire la tête William la remplace par une gamine, Mélodie pour son happening du Palais de Tokyo. Elle ne le fascine plus. Ah la baffe.

Remise en question, concours l’artiste et sa muse mais il y a des conditions. L’enfer est pavé de bonnes intentions. Il faut faire parti d’un couple muse-artiste qui ait exposé dans une galerie professionnelle. Dana n’a pas d’états d’âme. On s’y attache très vite à Dana. Et aussi à sa copine la barmaid. La muse permet à l’artiste de diriger sa passion vers quelque chose d’extérieur à lui. Deux autrices qui ont beaucoup de talent car le sujet n’est pas obligatoirement grand public. Mais elles en ont fait une belle histoire intrigante, émouvante et vraie.

Quand j’étais petite je rêvais d’être une muse, 192 pages, Casterman, 25 €

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