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Alastor de Sombregarde, chevalier maudit paumé à bon fond

Le titre déjà annonce la couleur. Cape et épée, oui, mais au royaumes des spectres, des Gobelins et autres morts plus ou moins vivants. Horrifique certes cet Alastor de Sombregarde mais qui a de ci de là des pincées d’humour noir reliés par des personnages secondaires délurés. Premier tome donc l’infâme gentilhomme, on sait comme ça où on va. Pas un héros mais qui désabusé fait ce qu’il peut. Aux manettes l’excellent Dobbs au scénario qui ajoute une corde de pendue à son palmarès brillant et Morinière au dessin (le très bon Visages) et couleurs qui, lui, doit faire des cauchemars d’enfer. Reste que ce diptyque a de la ressource, taillé en chapitres avec une quête amoureuse sous jacente et des rencontres improbables. Un monde pourri en quelque sorte mais qui finalement a le fumet des bons petits plats surprenants.

 

Un champ de bataille, des morts, des Elfelyns nettoyeurs de tranchée, et un héros en puissance, Guulghar maitre-gobelin de la sombre garde qui trimbale un crâne sur un bâton. Son frère et qui parle. Il  faut se planquer sinon il sera achevé. Il tombe sur le cadavre d’un chevalier décomposé et enchainé, transpercé par des épées enchantées. Il a bon coeur  Guulghar et décapite deux gardiens qui veulent l’empêcher de le libérer. Chevalier squelettique libéré mais un autre plus frais veut lui faire la peau qu’il a en lambeaux. Erreur. Du coup, Alastor c’est lui, reprend figure humaine un brin blafard. Fin de la première époque mais il lui faut un destrier flanqué par Guulghar. Avant il y aura une charmante Voiuvre aquatique et sa progéniture aux dents acérées. Guulghar sera diplomate, des rencontres avec des humains, un pont bien défendu à franchir et un cheval tout pourri à requinquer.

Allez on ose le dire. Dobbs aurait-t-il réécrit Don Quichotet façon gore ? Guulghar est Sancho mais sur un bouc, quand au cheval c’est Rossinante en plus neveux. Alastor cherche aussi sa bien aimée, Lilith (pas un nom très sympa) a un bon fond de temps en temps. Epique et enlevée cette épopée médiévale qui a un destin de haut vol pour Alastor. De bonnes scènes avec fantasy, fantastique, l’histoire se tient bien avec son découpage efficace. Des monstres et un Alastor au regard de feu sans oublier la stupéfiante Dame Forgeronne. Voilà un album qui mérite le détour dans des ténèbres sympathiques.

Alastor de Sombregrade T1, 88 pages, Oxymore, 18,95 €

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