Affaire Romand, un faux médecin vrai tueur

De l’affaire Dupont de Ligonnès  à celle du petit Grégory, c’est celle du terrifiant et machiavélique « docteur » Romand qui s’ouvre maintenant dans la collection très spéciale de Petit à Petit. Olivier Petit en a écrit le scénario et les documentaires, Valette est au dessin. On frémit en se souvenant de ce jour de juillet 1996 où Jean-Claude Romand devant le tribunal de Bourg-en-Bresse livre sa vérité. Une demande confuse de pardon d’un psychopathe qui ment depuis des années et a commis le pire, massacrant sa propre famille.

Pendant 18 ans il a fait croire à tous qu’il était médecin à l’OMS. Quand il a compris que sa vie de mensonges risque de s’écrouler il tue sa femme, ses jeunes enfants et ses parents. Le 10 janvier 1993 il tente aussi de tuer sa maîtresse mais il a déjà tué ses parents la veille le 9, plus leur chien qu’il adorait. Avant ce sont ses enfants qu’il abat à coups de fusil et sa femme qu’il assassine à coups de rouleaux à pâtisserie. Il doit de l’argent à tous car il a bien fallu qu’il finance son imposture. Il va escroquer les siens, détourner les héritages et on a confiance en ce brillant médecin qui connait les plus grandes sommité du milieu. Sauf que tout est faux et que personne n’a eu idée de vérifier qui était vraiment Romand. Il simule un incendie chez lui, avale des médicaments. Suicide ou encore mensonge ? Il utilise des mots grandiloquents. On imagine tout à son sujet, des trafics divers. Son ami le docteur Thévenin tombe des nues. Lui aussi est sûr que Romand est médecin, ils ont fait leur études ensemble tant Romand a bien mis au point son passé, potassé les termes médicaux. Et il ne peut être coupable.

De fait il avouera vite en essayant quand même de brouiller les pistes, évoque un homme armé. Il a fait dans le détail et tout l’album le montre. Pas un pleur, une machine à tuer qui a trompé son monde dans le moindre détails. Mais qui est allé trop loin et a pensé que tuer résoudrait ses problèmes. Il avait finalement une double vie, dit avoir un cancer. L’album est glaçant et c’est sur le plan psychiatrique que tout se joue. On suit page à page ce destin sanglant hors du commun. Romand, en 2019 a obtenu sa liberté conditionnelle. Depuis 2022 il est totalement libre. Rien à ajouter. Un album qui est un vrai thriller très bien documenté.

Seul, l’affaire Romand, 144 pages, Petit à Petit, 19,90 €

 

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