Le Tueur affaires d’état, retour en forme

On l’a toujours aimé le Tueur depuis ses débuts et une première rencontre à l’époque avec Jacamon à la sortie du premier album de la série. Pas hier. Il reprend du service le Tueur après cinq ans d’absence. Pas vraiment rangé, mais il met ses compétences aux ordres désormais de la République. Contraint et forcé. Matz au scénario lui a concocté un avenir et destin noir certes, mais moralement presque défendable. Il travaille en équipe, a un petit côté fonctionnaire laborieux, raconte sa vie en voix off, et fait ce qu’il sait le mieux faire, tuer ou préparer des assassinats « accidentels ». Matz et Jacamon lui ont redonné une nouvelle jeunesse et il semble apprécier, toujours aussi efficace avec son discours de philosophe du meurtre dans ce tome 1 de la nouvelle saison. Sortie le 15 janvier.

Le Tueur

Il a eu de la chance qu’on ait eu besoin de lui, le Tueur. Il se refait une virginité officielle au lieur de pourrir dans une fosse commune. On aime son côté pro et faux-jeton réunis. Pour lui, la mort peut être la seule solution surtout dans les affaires qu’il traite. Il a des partenaires, il forme un trio avec Barbara, interface avec les commanditaires, et Nicolas, agent de la DGSI. Leur cible, une envergure qui joue profil bas. Un employé de mairie qui fait dans la came à grande échelle et un chef de gang. Le Tueur a un emploi fictif pour mieux se fondre dans la foule. Planque, filatures, un maire qui ressemble à Jospin, une banlieue mis sous la protection de Sofiane Fatoulah. Il va falloir faire le ménage par le vide mais ça risque d’avoir des conséquences.

Affaires d’état

Le Tueur se fond dans la foule, a une copine d’un soir et est en CDD. Matz décortique la mise en place d’une opération noire qui prend la place de la Justice trop lente. Son héros parle, se confie plus peut-être qu’avant. Jacamon a aussi peaufiné son trait. Il tient compte de l’évolution-révolution de l’album qui flirte avec l’élimination politique bien comprise. Toujours aussi efficace et un retour en pleine forme qui va mettre le feu.

Le Tueur, Affaires d’état, Tome 1, Traitement négatif, Casterman, 11,50 €