Un film devenu culte, un chemin de croix pour son tournage et un réalisateur Steven Spielberg devenu en grande partie grâce à Jaws un des grands noms d’Hollywood. Pour avoir vu au cinéma sur panoramique Jaws à sa sortie en 1975 on peut témoigner que jamais, et sans être un fan des films teintés (et pour cause) d’horreur pure on avait été autant marqué hormis peut-être dans un registre différent que par L’Exorciste. Mais Jaws aurait bien pu ne jamais sortit, une galère sans fin que Spielberg a eu la force et le courage d’affronter. Les Dents de l’enfer, titre de l’album, le mèneront cependant au nirvana. A juste titre. La preuve, le grand requin blanc n’en finit pas de digérer ses millions de spectateurs encore aujourd’hui. Mahi Grand (L’Algérie c’est beau comme l’Amérique) livre une enquête sur un phénomène que ce soit le film ou son auteur.

Séance chez son psy. Spielberg ne sait plus trop où il habite. Cauchemar avec en témoin invisible Sir Alfred Hickok son modèle. Il a signé Duel, un succès, Sugarland Express. Il a en tête le prochain. Mais sur le bureau de ses producteurs il tombe sur un bouquin de Peter Benchley, Jaws (mâchoires), un best-seller. Il le prend alors que Benchley est avec Zanuck et Brown, les producteurs. Ils cherchent un réalisateur. Peut-être Dick Richards qui se plante pendant l’entretien, confond requin et baleine. Une histoire simple, une petite station balnéaire et un requin de huit mètres qui vient faire ses courses parmi les baigneurs, un flic tout juste nommé, Brody, Hooper un jeune océanographe têtu, Quint le chasseurs de squales. Un texte mal écrit mais Spielberg sent le bon sujet. Spielberg débarque dans le bureau de Zanuck et assure que ce film est pour lui. La lutte de gens ordinaires contre un prédateur dangereux et imprévisible. Et il faut tourner en mer. Spielberg à 26 ans et est accepté.

Il va devoir ramer Spielberg pour faire avancer la galère. 159 jours de tournage pour 59 prévus, un budget passé de 4 à 9 millions de dollars, il en rapportera 470 millions. Impossible de dresser un requin, filmer une cage avec un acteur et de vrais requins, une catastrophe. La machinerie pour le requin mécanique sera imposante, des mois de chantier. Reste à trouver les acteurs mais là aussi les stars n’y croient pas. Roy Scheider, Robert Shaw et Richard Dreyfuss acceptent et vont être les héros d’une épopée qui sera vue par 67 millions de spectateurs rien qu’aux USA. Un vrai thriller à lui tout seul ces Dents de l’enfer.
Les Dents de l’enfer, 184 pages, Dargaud, 23 €

Articles similaires
Si Arthur Rimbaud est une référence pour ses textes et sa réputation de poète maudit, on…
Faut pas agacer un tigre, qui plus est russe. Une histoire qui mélange de nos…
Javi Rey était récemment à Montpellier invité de la librairie Azimuts. Le dessinateur de Un…
Deux paumés en mal de fric facile, de coup grandiose qui leur assurera des lendemains…
« Si tu me possèdes, tu posséderas tout. Mais ta vie m'appartiendra. Dieu l'a voulu ainsi. »…
Quand le diable mène la danse on frémit à le voir tracer une piste sanglante…
Une balade inattendue, celle proposée par Michael Meier qui revisite un monument de la littérature,…
Des requins comme si il en pleuvait, avec de grandes dents et des gueules pas…