
Il y a eu les Dalton mais ils étaient quatre, Rantanplan et Lucky Luke, Butch Cassidy et le Kid, et voici dans le style western qui déjante Junior et Senior. Si on se laissait aller on dirait que Junior a un petit air de Gus par Blain (pas un hasard) et que Senior est une caricature de Bud Spencer. Donc Junior serait aussi dans la lignée de Terence Hill. Cela dit peu importe car ne compte que le plaisir certain éprouvé à la lecture de cet album dans lequel en prime il y a une demie-douzaine de jeunes orphelines qui vont les faire devenir dingues et une paire de politicards véreux, Smith et Wesson. Merci inspecteur Harry. Robin Recht que l’on avait interviewé et Jean-Baptiste Hostache (Les Pionniers) ont concocté un western à références, avec talent et bonheur partagé, bourré d’humour.

C’est la guerre de Sécession, qui n’a pas cessé c’est sûr. Le sénateur Smith, un réactionnaire du Sud, est opposé au sénateur Wesson et craint de ne pas être élu. Il aimerait bien lui faire très mal en récupérant si possible sa fille bâtarde Karina planquée dans un orphelinat. Ce qui ferait mal à sa réputation. Et pout ça il a besoin de deux tueurs sauf que ceux qu’il choisit sont des abrutis qui végètent dans un pénitentier. Deux cas d’espèce Junior et Senior, deux frères qui contre leur liberté plus 5000 dollars vont aller chasser l’orpheline. Mais ils ont des ennemis les deux frérots dont un certain Wallach, pas Ellie encore que il y ait ressemblance. Plus le gang des Canadiens à sombrero mexicain. Junior est un obsédé qui demande toutes les femmes en mariage, ce qui fait désordre mais par contre sait jouer du Colt. Arrivée à l’orphelinat, ils vont au dortoir mais qui est Karina parmi les six morveuses délurées ? Des pestes les gamines et leur gardienne Miss Bismarck est une germanique à tresses grand format. Dérapage incontrôlé. Junior et Senior sont obligés d’embarquer les six gosses. On triera après.

Et c’est là où cela se corse. La poursuite infernale, sauvage, la cavalerie aux fesses, la Bismarck qui fait des chutes malvenues et malodorantes, Mamita au grand coeur, Junior tout sourire gère la situation. Argument mineur pour désaccord majeur, vive la dynamite. Wesson joue sur tous les tableaux. Le dessin est pétillant, on a adoré les Canadiens. Les textes sont ciselés. Pas un instant de répit, Sergio Leone aurait aimé. Bud Senior, oui señor, est un amateur de fayots. Des montgolfières, des bagarres au saloon avec un Senior déchaîné, les auteurs s’en sont donné à coeur joie, c’est évident. Un premier épisode ? Une suite ? C’est certain.
On les appelle Junior et Senior, 104 pages, Le Lombard, 20,45 €

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