Fatale, Cabanes et Manchette duo de choc

Cabanes est de retour. Ce qui est toujours un grand moment. Du noir, serré et violent, Cabanes a adapté une fois encore Manchette. Un duo de choc. Fatale est le titre du roman, l’histoire d’une femme qui fait dans le grand nettoyage de printemps, une fleur vénéneuse de province qui sait sentir les peurs et les cadavres dans les placards. Enlevé, c’est pesé, Aimée est une femme totalement fatale.

FatalePartie de chasse et accident bête pour camoufler un meurtre, c’est le départ des aventures d’Aimée qui met les voiles avec le fric gagné à la sueur de son fusil. Destination un bled, Bléville, avec fausse identité. Elle ne connaît personne à Bléville, Aimée, ce qui ne va pas durer. C’est une instinctive qui sent que les bourgeois du coin sont une rente en puissance. Il n’y a qu’a trouver la faille et faire cracher le beau monde, du médecin au notaire, à l’entrepreneur qui fabrique des petits pots pour bébés, au journaliste revanchard, au vieux baron pas si fou que ça qui va lui ouvrir des horizons nouveaux. Sauf qu’il y a un flic tordu dans le paysage et que des vérités peuvent se révéler mortelles pour un maître chanteur même doué. La très belle Aimée sait improviser, accepte le contrat et accumule les cadavres si besoin. Pas d’états d’âme mais, en face, ils font de la résistance, les bourgeois pas nets. Règlements de comptes à OK Bléville. Il y en aura pour tout le monde.

Du lourd, du mitonné aux mauvais sentiments, à la vengeance sordide et aux retours de manivelle, Fatale est un chant glacial que Cabanes scande de son trait riche et sans pareil. La montée en puissance retranscrite dans l’adaptation du texte de Manchette par Max Cabanes et Doug Headline fait frissonner de plaisir. Impossible de lâcher l’album incomparable qui prend sa place parmi les meilleurs de cette rentrée pourtant foisonnante.

Fatale, Dupuis Aire Libre, 22 €

Fatale