Célestin et le cœur de Vendrezanne, Gess dévoile et emballe sa Pieuvre

Gess était venu à Montpellier pour la sortie de son précédent ouvrage Un Destin de Trouveur, toujours, dans le cadre des récits des Contes de la Pieuvre inauguré par La Malédiction de Gustave Babel. Il avait répondu aux questions de Ligne Claire. et annonçait déjà le tome 3 de cette trilogie, Célestin et le cœur de Vendrezanne. On a pour Gess une vraie reconnaissance pour son talent que ce soit romanesque ou graphique. Avec ce tome 3 on touche presque au but car on va pénétrer l’auberge de la Pieuvre grâce à Célestin, un serveur au pouvoir secret et qui aurait bien voulu rester anonyme. Mais voilà, la Pieuvre sait tout et décide sans pitié. A moins qu’elle ne trouve un intérêt direct parmi ses ouailles. Sans compter qu’il peut y avoir des liens plus ou moins directs entre des trois épisodes que Gess a magistralement mis en scène.

Célestin et le cœur de Vendrezanne

Paris, 1879, les égouts coulent sous Paris et certains en usent à des fins inavouables. Mais le danger règne quand on y déleste un trop-plein d’eau. Daumale de la bande des Asticots va s’en tirer mais a commis l’erreur de causer des ennuis à la Pieuvre. A l’auberge de la Pieuvre, le gentil Célestin sert son monde mais il en voit les vrais visages. Sa vision de l’humanité diffère des malfrats qui y boivent et préparent des coups. Mademoiselle Rose tient la caisse. Le Gros est en cuisine. Autrefois l’auberge était à la campagne mais la ville a grandit. Les quatre patrons sont à la tête de la Pieuvre et se complètent mutuellement. L’Œil, le fascinant la Bouche, L’Oreille qui est aveugle mais avide et le Nez. L’insomniaque va prendre le relais pour percer régulièrement le cœur de Vendrezanne avant qu’il ne se recompose et libère la Chose dont le but est la maison de l’Œil où un enfant va naître, un fil qui mourra encore. L’Hypnotiseur réapparait du tome 2. Un compte à régler peut-être La Chose, des noms de victimes à dévoiler ? Et le brave Célestin apprend qu’il est un discerneur par une messagère qui va mal finir.

Célestin et le cœur de Vendrezanne

Il est seul Célestin mais sauvé par son don qui lui permet de ressentir l’âme des autres. Il se souvient de ses débuts dans ce feuilleton où le fantastique joue la carte du surnaturel réaliste. Car le talent de Gess et d’amener ses lecteurs au cœur d’une fiction improbable comme si ils l’avaient toujours connue, adoptée. Il y a Pilon, le videur de l’auberge dont il faut se souvenir, sait-on jamais à cause des autres albums. Gess joue un petite musique de nuit noire aux frissons savoureux. Une maffia sans foi mais avec sa loi incontournable. On pourrait dire ce tome 3 est encore plus réussi que les deux premiers. Ce serait à la fois évident mais injuste car l’œuvre de Gess est un tout incontournable, inclassable. Il a réinventé Dumas, Leblanc, Leroux, Doyle, en a fait sa cuvée, une référence.

Célestin et le cœur de Vendrezanne, Un récit des contes de la pieuvre, Delcourt, 22,50 €

Célestin et le cœur de Vendrezanne