Gustave Caillebotte, un peintre et mécène de talent

Il est à la fois connu, au moins de nom, et inconnu souvent à part des initiés qui ont une passion pour l’impressionnisme. Gustave Caillebotte refait surface après avoir vu quand même sa côte reprendre des couleurs en salle des ventes. Laurent Colonnier lui consacre un album qui remet en place ce peintre talentueux mais aussi fils de bonne famille qui contrairement à son ami Monet ne mangera pas de la célèbre vache enragée avant de devenir célèbre. C’est vrai que ces impressionnistes ont été rejeté pour la plupart par les académiciens de la peinture avant d’adopter le qualificatif. Caillebotte va persévérer et démonter que les vieilles barbes du Salon sont dépassées désormais. Une vie de passion et d’intransigeance.

Gustave CaillebotteRefusés les Raboteurs de parquet de Caillebotte. Il ne sera pas accroché au Salon. Gustave retourne dans le superbe hôtel particulier familial et se souvient comment l’idée de ce tableau lui est venu. Manet soutient Caillebotte qui voit en lui un grand peintre. Les refusés du Salon créent Les Intransigeants qui exposent à leur tour leurs œuvres. Les laissés pour compte se rebellent. Renoir, Rouart, Morisot, Sisley, Degas, Pisarro et Zola qui vient couvrir l’évènement. Gustave Caillebotte a un autre talent, il a le coup d’œil et achète les tableaux de ses amis au point de se constituer une collection qui fera date et au passage lui permet de les aider. Il touchera aussi à la photo naissante. Caillebotte continue sa vie aisée et insouciante mais est obnubilé par le progrès qu’il peint, locomotive, pont d’acier. Les impressionnistes sont nés, ils seront impressionnants.

Il léguera sa collection à l’état à condition qu’elle soit exposée dans un musée national. Il achètera aussi à Renoir Le Moulin de la Galette. Pour bien peindre il faudrait arrêter de penser disait l’un de ses amis peintres. Caillebotte aura un regard désabusé sur l’art. Ce sont les Américains contrairement aux très coincés musées français qui feront le succès de Caillebotte. Quand il mourra à 45 ans son fond de centaines de ses toiles sera estimé une misère. Caillebotte a eu un parcours atypique, mécène et peintre de talent, ce qui est une rareté. Un beau dessin très pictural de Colonnier, en touches subtiles, fait aussi de cette biographie complétée d’un cahier, un ouvrage riche et émouvant.

Gustave Caillebotte, Un rupin chez les Rapins, Glénat, 14,50 €

Un rupin chez les Rapins