Un flic sous l’Occupation T1, marché noir et Vichy aux ordres

Après les excellents Amours Fragiles, Secrets Bancaires ou Les Mystères de la République, on retrouve le duo Philippe Richelle au scénario et Jean-Michel Beuriot au dessin. Retour dans la France de Vichy et de Pétain où les passions vont se déchainer, les intérêts se dévoiler faisant le jeu des Allemands surtout quand il fallait mettre la police française sous tutelle et aux ordres. Un flic sous l’occupation montre comment des criminels relâchés par l’occupant ont intégré la police tout en servant la Gestapo. Où d’autres policiers se sont mis au service de la Résistance parfois plus où moins tôt selon l’évolution des évènements.

Paris, années 40, un couple, les Borel, est abattu chez lui. On a obligé le mari à aller vider son coffre à la banque accompagné d’un truand. Seul témoin la femme de chambre. L’inspecteur Marsac est chargé de l’affaire. Paris occupé, le directeur de la banque donne quelques détails sur le type qui était avec Borel. Marsac à l’occasion se ravitaille au marché noir. Marsac pense à Grenier qui est en prison. Mais qui en fait a été libéré avec d’autres détenus par un officier allemand. On lui déconseille de trop en faire. Chez ses parents qu’il ravitaille il retrouve son père gueule cassée de 14-18. Brunet l’adjoint de Marsac montre la photo de Grenier au banquier. Il ne le reconnait pas. Grenier serait à Neuilly où débarque les flics pour l’interroger. Sûr des ses protections il a un alibi, amant de Mathilde Collange qu’il oblige à affirmer qu’elle était avec lui la nuit du meurtre. Marsac lui décrit qui est vraiment Grenier mais elle persiste. Marsac a un ami flic, Rouget, qui a refusé d’intégrer le service anti-juif pour aller au contrôle économique. Sa cible le marché noir dont il explique le fonctionnement à Marsac. Le procureur refuse au patron de Marsac, Mercadier, une perquisition chez Grenier.

Va falloir que Marsac se débrouille tout seul. Et boucle Grenier dont les copains allemands se remuent. C’est là où on voit que sous Vichy la marge de manoeuvre pour faire son travail correctement pour un flic était mince. La loi du plus fort. Démission et retraite anticipé ou accepter. A tel point qu’on ne sait plus qui est qui. La Gestapo française de la rue Lauriston, les rafles de Juifs faites comme le Vél d’Hiv par flics et gendarmes français, on ne peut pas dire la collaboration n’ait pas fait dans l’abject, justice comprise qui sera épargnée à la Libération. On avait trop besoin de magistrats. Avec Marsac qui sait aussi faire « des affaires », Richelle et Beuriot reviennent avec talent et objectivité sur un passé honteux. En 1945, tout le monde avait été résistant. Dessin parfait bien sûr. On attend la suite avec impatience de ce très bon premier tome.

Un flic sous l’occupation T1, 56 pages, Glénat, 17,50 €

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