Rue de la Grande Truanderie T1, familistère pour tous

Pas sûr que le mot familistère évoque grand-chose au plus grand nombre. C’était une sorte de très grand refuge très bien fait, où il y avait tout le nécessaire pour vivre heureux en communauté. C’est la base de cette Rue de la Grande Truanderie de Jean-David Morvan qui a soulevé le voile d’une mystérieuse et oubliée utopie pourtant authentique. Romain Rousseaux Perin a dessiné avec force et relief ce récit et son cadre. Il fallait bien que ce familistère donne des idées à d’autres classes sociales plus agressives et en chemin de repentance. Une BD en deux tomes qui brille aussi par son originalité en plus du talent des auteurs et la variété bien vue des personnages. Un petit côté Hugo.

1883 Montmartre, un troquet à coups tordus, un type en sort avec des amis et se fait agresser, voler mais leur truand Célestin ne va pas aller loin. Un groupe d’hommes met un terme à ses méfaits et l’embarque. 19 ans plus tôt, Paris renaît sous Hausmann. Les halles de Baltard mais toujours des voleuses à la tire. Celuis à qui on a pris sa montre la poursuit, la rattrape. Elle se nomme Glannes et l’homme est riche grâce à une fabrique de poêles en fonte. Il a décidé d’aider les ouvriers. Il décide de la sortir de la misère. Jean-Baptiste André Godin en 1864 a mis en place un projet inédit. Aubervilliers en 1864 Célestin s’est échappé de là où ile était retenu. Dans le train on le poursuit. Il a brisé ses chaines hypnotiques. Mais on le remet sous contrôle. Pourtant il se retrouve sur la voix, hagard et demande qu’on contacte Madame Fourier rue de la Grande-Truanderie, un rue dont le nom a des origines controversées. Célestin s’était engagé avec son copain au Familistère du crime géré par la Fourier, un lieu de haut niveau mais de moralité douteuse. Il est le favori de Madame Fourier à qui le gouvernement a donné des gages car elle à mis Paris et ses malfrats au pied. Tout va bien pour le Familistère et pour Glannes Fourier. Une vague de disparitions de Familistes a commencé. Que se passe-t-il à Guise ? Où il y a aussi un Familistère, un modèle social.

 

Un mélange savoureux de réalité historique et de romanesque. Le Familistère a bien existé, devenu musée, sorte de HLM avant l’heure mais avec piscine, trois étages, magasins coopératifs etc.. Familistère du bien ou du vice, hypnose, le mélange est astucieux, les descriptions sont très documentées et on découvre en fait pour beaucoup le phénomème propre à la fin du XIXe siècle.Godin a laissé son nom est ses poêles dans l’Histoire. Il y aussi un côté  Le Corbusier dans cette aventure au dessin réaliste impressionnant. Il y aura une suite. Un dossier final remet tout en ordre et décrit le Familistère par le menu.

Rue de la Grande Truanderie T1, Grand Angle, 15,90 €

 

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