Quand on prend l’album pour la première fois on se dit qu’on va se plonger dans une aventure médiévale certes parsemée de fantastique mais au trait marqué par un look années quarante, fignolé, contes et légendes nordique avec du Joubert en prime. Les Chants du chaos, livre 1 les semailles sont signés par Elk au scénario et dessin, Hubert à la direction de l’écriture, An Keo lectrice et aide-dialoguiste. Un pays mythique derrière un mur, des puissances occultes, des errants très méchants, on est parfois un peu paumé car si l’esthétique est grandiose on est un peu largué par l’histoire. Le livre est flashant, on a envie avant tout de le feuilleter, de la fantasy qui ne dit pas son vrai nom. Le dessin prime sur le total ce qui est à la fois déconnectant pour un texte très inventif et perturbant.

Ivan est un trouble-fête et sème la panique dans un dîner Léna sa grande soeur le gronde quand de monstrueuses créatures canines, des errants parsemées de fleurs dévorent les convives. Leur mère les enferment au grenier. Bien plus tard dans l’enceinte du Haut-Mur ce sont les souillés, les Drévossènes, les portes sont scellées. Ivan adulte et Alyosha patrouillent à cheval le long du mur. Lyuba arrive annonçant qu’on a trouvé dans les bois un étranger, un extérieur intact. Comment a-t-il pu franchir le mur ? Qui l’envoie ? Ce serait le propre père d’Yvan qui a laissé ses enfants pourrir derrière le mur. Le garçon se nomme Sovir. Aurait-il été mordu par un errant ? On le teste en plein air mais un énorme errant, un ours l’épargne, ce qui change tout. Retour à Volklorod où Ivan est le prince, sa soeur est reine. Pourquoi leur père a-t-il envoyé Sovir, candide. Un espion pour fomenter une rébellion ? On va tatouer Sovir pour le faire passer pour un local.

Un mariage en vue qui n’enchante par Ivan avec Irina, une procession et l’inconnu qui va obliger à rebattre les cartes sur bien des points, ces chants sont effectivement chaotiques. Les couleurs, les décors, les ambiances sont pleines de charme mais pour autant pas dénuées de force, de violence latente. On va dire que ce premier tome aux belles enluminures encore une fois esthétiquement superbe prend son temps pour aborder le fond de l’histoire qu’il met en place.
Les Chants du chaos, T1 Semailles, Rue de Sèvres, 22,90 €

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