Tognina, belle et émouvante

Une belle histoire, celle de Tognina dont le corps visage compris est recouvert de poils. Corbeyran et Colline étaient déjà le duo de Les Yeux doux, un monde où tout est régi par des lois intraitables, surveillé, une société mortelle pour tout rebelle. Eric Corbeyran a un large talent, l’écriture inventive. Michel Colline s’est parfaitement investi dans cette aventure humaine.

Canaries en 1538, on a capturé un gamin mis en cage qui a une particularité qui le fait passer pour monstre. Il est totalement poilu. Pierre s’éloigne de son île. Laviana Fontana est riche, peintre connue et veut que Tognina la fille de Pierre atteinte du même mal pose pour elle. Mais Tognina a un esprit et une intelligence supérieure. Pourquoi ? Tognina se pense laide, on voit en elle un animal. Mais Laviana fait croire qu’elle a accepté, la rencontre par hasard d’une promenade. Laviana se confie à elle, lui dit qu’elle se sent proche d’elle. Mais qu’elle s’est servi de son art comme alibi. Un soir Tognina grâce à son physique évite à une jeune fille d’être violée. Mais la victime sauvée la traite de loup à deux pattes. On lui jette des pierres

C’est une histoire de droit à la différence à une époque où on en brûlait pour moins que ça, où les cours royales aimaient nains ou autres difformités. C’est aussi une complicité rare qui va donner un tableau stupéfiant conservée au Musée des Beaux Arts de Blois. Il y a une profonde sincérité dans les propos des auteurs et une fiction historique basée sur ce tableau. De la tendresse, la liberté et l’amour. Superbe et non dessin.

Tognina, 144 pages, Glénat, 20 €

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