Solo, un prédateur qui découvre la compassion

Oscar Martin au scénario et Pedro Perez Valiente ont donné vie à Solo, prédateur ultra puissant du monde cannibale. On y sent comme un petit air de Disney qui aurait vu des renards. On ne rigole pas avec Solo qui aime  la chair bien fraiche de toute créature vivante. Un album qui surprend par à la fois son côté original et son dessin. Deux Espagnols aux commandes qui montrent, on l’a souvent dit, la force du talent des auteurs ibériques de BD.

Il n’est pas loin de la fin de sa vie Le Solitaire et rien ne l’effraie, monstre parmi les monstres et le pire d’entre eux conscient de ce qu’il est vraiment. Aucun remord à incarner le mal, incapable de s’arrêter. Les Solitaires sont au sommet de la hiérarchie. Seule espèce qui meurt de vieillesse mais qui se retrouve face à soi-même dans le silence. Tuer pour se nourrir est devenu ennuyeux. Il rencontre peu de membres de son espèce car mâles comme femelles s’en sortent rarement indemnes. La solitude la plus absolue. Pourquoi est-il né ? Le cycle recommence toujours. Le Solitaire part en chasse, affronte et tue ceux qui veulent sa peau. Il est bien armé et flirte avec le suicide quand il voit deux jeunes enfants humains jouer près d’une décharge. Une petite fille pas apeurée lui offre sa poupée. Il leur donne de la viande sans se montrer. Leur père ne comprend pas. Le Solitaire continue à approvisionner la famille. Il a détecté des chats nomades. Et la fillette a été enlevée. Il promet au père et au frère de la ramener. Il demande des munitions et au passage tue un ours moqueur.

C’est le pardon que cherche plus ou moins consciemment Solo, à mi-chemin entre homme et lion. Jusqu’où va-t-il aller dans sa rédemption ? Il y a aussi les non-humains dans cet univers désespéré et cruel. Le mélange est inattendu, inventif et violent. De la tendresse malgré tout et un chemin de croix pour Solo qui aurait pu être aussi un héros de série. On ne peut en dire plus et on se satisfait de ce one-shot saisissant et encore une fois au dessin assez clin d’oeil à Fievel également.

Solo, à la recherche du pardon, 72 pages, Delcourt, 15,95 €

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