Curtiss Hill, duel de chiens sur l’asphalte

Des bolides comme on n’en fait plus, des pilotes à la Fangio ou Graham Hill, la classe mais aussi une lutte sans merci pour être le premier. Curtiss Hill le millionnaire et Rowlf Zeichner s’affrontent sous les yeux de la belle journaliste Maugène Berk. Mais la guerre c’est aussi le risque que fait courir le pays voisin, une dictature où est né Rowlf le roi des coups tordus. Pau signe une BD anthropomorphique dans le plus pur style des Looney Tunes ou des premiers Disney tout en perfectionnant le trait, le rendant ultra-réaliste dans un monde animalier. Le tout en noir et blanc plus aplats. Une rivalité qui donne naissance à un premier tome d’une BD un brin rétro et bien menée.

Curtiss Hill

A Melon City, on ne jure que par la rivalité entre Curtiss Hill et Rowlf Zeichner. Dans leurs bolides aux lignes élancées ils préparent les 500 miles d’Escapula. Curtiss est très riche. Son mécano Dino est parti s’engager pourtant Escapula est neutre. Curtiss part à sa recherche et se souvient comment six mois plus tôt Dino ne vivait que pour les voitures. Mais dans la dernière course Curtiss et Dino menaient dans la voiture qu’il avait mise au point. Rowlf élimine en trichant si besoin ses adversaires. Curtiss gagne quand même et Dino lui promet un nouveau bolide. Ce qui intéresse la journaliste Maugène Berk qui ne va pas laisser Curtiss indifférent.

Un trio qui va en voit de toutes les couleurs, des dérapages sur l’asphalte, des prototypes révolutionnaires, des amourettes et des états d’âme politique avec la Kalkanie fasciste, Pau a joyeusement mélangé les genres et on pense à un bon polar d’aventure filmé dans les années trente ou quarante. Le loup Rowlf, Madame Salers, des réfugiés chats persécutés, un espion, on en passe et on a adoré cette aventure débridée mais qu’il faut lire à plusieurs niveaux. Curtiss ressemble à Howard Hughes. On pense à Calvo. Le tout est savoureux et plein de charme.

Curtiss Hill, Tome 1, Paquet, 16 €