On avait présenté il y a quelques années la seconde intégrale de la série de Carlos Giménez, Paracuellos, composée des tomes 7 et 8 que l’auteur a dessinés en 2016 et 2017. On en finit avec le tome 3 qui parait vers le 20 août 2025. Giménez s’est inspiré de sa propre vie, de son séjour dans les orphelinats mis en place par le franquisme après la guerre civile pour réaliser Paracuellos. On se souvient qu’il a 5 ans quand les portes de ce pénitencier sans pitié se referme sur lui. Il signera une œuvre déchirante, empreinte d’une émotion à fleur de peau, de violence aussi, celle d’adultes cruels, bêtes et embrigadés par un régime fasciste tout puissant en Espagne. Comme le dit Giménez, ces enfants, dont il a fait partie, sont avant tout ceux qui rendront à l’Espagne sa démocratie à la mort de Franco qui avait bâti un régime malfaisant. On y reviendra.

Dans sa préface Gimenez se souvient avoir écrit le premier chapitre en 1975 ou 76 et s’était fait virer du journal qui avait pour objectif de faire rire. Et c’est vrai que Paracuellos n’était pas à son avantage. C’est dans Fluide en France et non pas dans un journal en Espagne, on s’en souvient bien, que Paracuellos s’est imposé. Dans l’Espagne franquiste d’après-guerre, de nombreux enfants orphelins ou abandonnés ont grandi dans des foyers de l’assistance sociale. Sans repères et privés de leurs parents, les temps ont été très durs pour eux et les moments de joie peu nombreux. Les petits garçons Pablito, Adolfo, Peribáñez et bien d’autres découvriront dans ces conditions difficiles ce que sont la peur, la vengeance, la cruauté mais aussi la fraternité et l’amitié.

On est souvent ému en lisant Paracuellos. Le dessin de Giménez est d’une force telle qu’on ressent toute la peine des enfants, innocents et attachants qu’on monte, en plus, les uns contre les autres. La loi du plus fort, c’est une vraie leçon que donne Giménez avec Paracuellos. Une narration brillante, au découpage instinctif, sans pause, sentimentale, au paroxysme du supportable car on sait que ce qu’il montre est vrai. Un témoignage rare de la réalité du franquisme. Cette édition est enrichie d’une interview de l’auteur et d’un dossier graphique.
Paracuellos 3, 122 pages, Fluide Glacial, 23,90 €

Articles similaires
Oncle Picsou a-t-il été amoureux ? Il semblerait bien que, quand on se plonge dans…
La seconde intégrale de la série de Carlos Giménez, Paracuellos, présente pour la première fois…
Il reste sans contestation possible l'un des plus mythiques personnages des années quatre-vingt-dix. Charly, petit…
Il est venu le temps des intégrales. Noël oblige. On va vous en présenter au…
Une brève mais pour une sortie qui met en avant un des plus mythiques héros…
C'est l'une des plus atypiques héroïnes de BD. Caroline Baldwin après un départ relativement classique…
Elle avait un petit côté fleur bleue délurée, aventurière en herbe, drôle et toujours flanquée de…
Dernier épisode de la série. Centaurus dans ce tome 5 dévoile ses secrets. Quel est…