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Palmer dans le rouge, quand le vin est tiré… par Larcenet

C’est dans la BD humoristique une institution Jack Palmer. On a tous en tête le visage à gros nez de ce tatillon mais doué par accident détective privé, mélange de Bogart pour l’imperméable, le chapeau, et de Groucho Marx pour l’humour décalé. Son papa, Pétillon, a eu la mauvaise idée de nous quitter en 2018. D’où un Palmer aux abonnées absents. On a proposé à Manu Larcenet de le ressusciter sur un scénario inédit laissé par Pétillon, Palmer dans le rouge. Larcenet en a signe la conclusion. Une reprise qui pour une fois a de la jambe et une vraie typicité.

Pinard d’abord dans cet opus bordelais des aventures de Palmer. Attention on ne parle pas de gros rouge qui tâche mais Médoc et autres crus qui peuvent parfois être « améliorés ». En un mot trafiqué. On s’interroge chez les Grolo-Laglotte dans le bord du Médoc. Bénédicte leur fille fait un gros caprice et refuse d’épouser John héritier de vignobles californiens. Une union qui aurait pu être un bon coup. Ange Leoni, Corse bien connu des lecteurs de Palmer est aux premières loges. Manu Larcenet a accepté de dessiner ce scénario inédit de Pétillon : « Un grand dessinateur et un grand humoriste dont le trait semble simple. Pour l’histoire, les dialogues on pense à Goscinny ». Larcenet en rupture de La Route a avoué que quand il a eu en main story-board et scénario a éprouvé le sentiment d’être « un découvreur, le premier à plonger dans la cuisine de Pétillon, dans son processus de création ».

Après La Route Manu Larcenet pouvait s’offrir une détente bienvenue, un peu de légèreté dans un monde de brutes. Notre Palmer aide les Grolo-Laglotte qui vont tout faire pour que John ne sache rien. Il faut retrouver la fuyarde et qui de mieux qu’un privé. Ange en a connu un en Corse mais qui exerce aussi à l’étranger… Palmer c’est lui, accepte. Facile pour Palmer : Bénédicte a réalisé qu’elle n’aimait plus son John et s’est fait la malle en Australie. Impossible pour ses parents qui ont aussi à subir les foudres du terrible guide Parker. Palmer fait un tour au salon viticole où on a vu Bénédicte pour la dernière fois. Elle aurait bu un vin bizarre. Bizarre, comme c’est bizarre. Un trafic viticole ? Impensable mon cher Palmer.

Le vocabulaire du parfait œnologue, la vie satirique et secrète des caves, une brochette de vignerons improbables, un « vinfluenceur », Palmer touchera le fond de la cuve dans la cave. On boit sans modération, on savoure cet album franc du collier. Le dessin de Larcenet a une rondeur de bon aloi.

Palmer dans le rouge, par Pétillon et Manu Larcenet, 68 pages, Dargaud, 17,50 €

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