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Giant T2, des tours accrochées aux nuages

La fin d’une belle histoire avec ce tome 2 pourtant pleine de fureur et de bruit, de poutrelles d’acier assemblées en plein ciel, Giant c’est aussi un brave type qui a cru bien faire dans le New-York des années trente, des buildings et va en payer indirectement le prix. Une fresque très sincère, sans fioritures que Mikaël a signée avec beaucoup de force. Son Irlandais est un éléphant généreux dans un jeu de quilles. Le dessin et l’histoire se renvoient parfaitement l’ascenseur ce qui dans le cas présent est la moindre des choses.

Il est prix au piège Giant. En se faisant passer pour son copain Ryan mort en tombant du haut d’un building auprès de sa femme restée en Irlande, en lui envoyant de l’argent, il ne s’attendait pas à ce qu’il lui prenne l’idée de débarquer aux States avec les marmots. Il lui a bien envoyé une lettre pour lui dire la vérité mais trop tard. La missive a croisée le paquebot de la veuve qui s’est retrouvée en prime en quarantaine à son arrivée avec les gamins malades. Les Italiens lui ont cassé le nez et des côtes à Giant. Trop tendance à l’ouvrir le bon géant ancien membre de l’IRA. Ses copains, un journaliste en devenir, et Dan qui travaille avec lui veillent. Giant, Jack Jordan de son vrai nom, reprend le boulot quand débarque une photographe qui en veut, Dorothea, qui sait tout de son passé et a décidé de faire des clichés sans tricher des ouvriers en haut des buildings. Mais l’épouse de Ryan arrive chez Giant et il va bien falloir s’expliquer, avouer la vérité.

L’enchaînement dramatique du récit de Mikaël fonctionne parfaitement. On est dans la simplicité plausible, dans un élan du cœur d’un type qui a cru bien faire et replace le tout dans le contexte politique de l’époque, de la lutte irlandaise, d’un pays qui se sort d’une dépression mondiale et n’arrête pas de se bâtir un avenir en béton avec ses immigrants qui affluent vers ce qu’ils pensent être le bonheur. Une leçon simple en quelque sorte ce Giant en diptyque qui apporte sa part d’espoir sur la nature humaine, sur les raisons de la fuite de Jack de son Irlande natale. On a les réponses et elles sont humaines tout en étant un hommage en forme de témoignage à ces hommes qui allaient accrocher des tours aux nuages. Le dessin avec ses tons sépias est superbe, prenant. Un cahier graphique de 8 pages à découvrir en fin d’album.

Giant, Tome 2, Dargaud, 13,99 €

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