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Aristophania, une fantaisie de Dorison et Parnotte

Une aventure fantastique en quatre épisodes écrite par Xavier Dorison, dessinée par Joël Parnotte, on retrouve le duo du flamboyant Maître d’armes. Des enfants perdus à la Peter Pan, on y ajoute du Dickens à la française, une pointe de Mary Poppins et pour les paysages provençaux du Pagnol avec ses souvenirs d’enfance ou Manon des Sources. Mais ces comparaisons sont trop faciles à faire. Xavier Dorison non seulement a volontairement intégrées ces références, c’est certain, mais a donné un souffle très particulier à son incursion dans un domaine finalement défriché à l’extrême, la fantasy française. Un royaume magique sur la Côte d’Azur, un dératiseur très méchant, un chevalier perdu dans un monde où il a eu le tort de fonder une famille, des enfants qui ont des dons transmis par leur père, ce premier tome met en place les personnages et démarre une saga dont il faut bien intégrer tous les détails pour mieux la suivre.

Marseille en 1900, Clément travaille à l’usine. Il est marié et a trois enfants. Clément est en réalité sur les traces de l’Aurore pour contrer les projets du roi Banni. Le roi sait où est Clément qui avoue à Aristophania venue le prévenir qu’il a fondé une famille désormais en danger car le dératiseur est sur sa piste pour le tuer. Clément préfère se suicider. Aristophania laisse au fils ainé de Clément, Basile, un dé à jouer, seul moyen de l’appeler en cas d’urgence. La famille s’installe à Paris. Victor le cadet est très intelligent. Calixte, la plus jeune est une rêveuse. Le dératiseur Barboza les a retrouvés. Basile décide de contacter Aristophania après une altercation avec la police. Leur mère a été arrêtée. Les enfants sont exfiltrés au royaume d’Azur, en Provence. Ils sont sous la protection de Cayenne. Ils ne doivent pas sortir de l’enceinte de la propriété ni aller au château à côté.

Évidemment, c’est à partir de là que vont se dévoiler peu à peu les éléments qui porteront l’histoire vers la quête vraisemblable de l’Azur. Une reine qui fait la bouillabaisse, Aristophania qui vole dans les airs et démonte les révolvers à distance, et les gamins dont on sent que le leader c’est Clément mais qu’il aura besoin de l’aide des deux autres. A la fin de l’album tout est en place. Si on est surpris au départ par le ton un brin hétéroclite du récit qui ne donne pas de suite les explications nécessaires, on accroche au fur et à mesure quand Dorison les dévoile. Le dessin de Parnotte est au plus haut, fouillé dans les décors et les ambiances. Une série qu’il faudra juger sur son ensemble mais qui a de belles qualités narratives et graphiques. Xavier Dorison s’est fait un gros plaisir avec des références sûrement très personnelles.

Aristophania, Tome 1, Le Royaume d’Azur, Dargaud, 14,99 €

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