Avec Negalyod, Vincent Perriot s’expose chez Huberty à Paris en septembre 2021

Du 2 au 18 septembre 2021, la galerie Huberty & Breyne de Paris propose le travail de Vincent Perriot. Cette exposition, consacrée à la série phare Negalyod, présente des planches originales du tome 1 (2018) et, en avant-première et en exclusivité mondiale, une sélection de planches originales du tome 2, Le Dernier Mot, dont la sortie chez Casterman est prévue le 29 septembre 2021. Avant première le mercredi 1 septembre 2021 de 11h à 20h, en présence de l’artiste. Mise en ligne des œuvres à partir du jeudi 2 septembre 2021.

Negalyod
Negalyod, 2021. Tome 2. Couverture de l’album. Encre de Chine sur papier. 37,3 x 28,3 cm

Dans son communiqué, Huberty & Breyne propose un très bon portrait de l’auteur. Vincent Perriot est un dessinateur passionné, salué très tôt par la critique : en 2001, alors qu’il n’a que dix-sept ans, (il est né à Olivet en 1984) il remporte le Grand Écureuil d’or à Angoulême puis, en 2005, le Prix Jeunes Talents. Il reçoit en 2010 avec Arnaud Malherbe le Prix Jeunes Talents de la Bande Dessinée à Saint-Malo. En 2019, il obtient le Prix Saint-Michel du scénario pour Negalyod – sujet de l’exposition chez Huberty. Perriot étudie aux beaux-arts d’Angoulême. Révélé dans l’édition indépendante (Coconino, Clafoutis, les Éditions de la Cerise), il se découvre pleinement dans la bande dessinée d’aventure (Taïga Rouge chez Dupuis Aire Libre, Belleville story et Paci chez Dargaud), et se réinvente chez Casterman avec Negalyod pour devenir un nouveau classique.

Cette nouvelle saga aborde avec virtuosité les grandes questions de société par la voie de la science-fiction. Dans le premier tome Jarri, un berger de dinosaures, décide de se rendre dans la capitale pour se venger de la destruction de son troupeau par le « Grand Réseau ». Une lutte faite d’espoir et d’humanisme s’engage, en pleine dystopie technoscientifique. Ainsi, dans le tome 2, des milliers de survivants prennent la mer pour inventer de nouveaux possibles. Par le trait et la narration, le spectateur prend part à tous ces processus de création, séduit par la justesse et l’énergie du dessin immersif de l’auteur. Perriot dépeint avec grandeur et réalisme des villes tentaculaires et de multiples espaces naturels peuplés de milliers d’animaux et d’humains. Il fait exploser les cadres, tord les perspectives, flirte avec le mysticisme lorsqu’il évoque le rapport à la terre et aux éléments naturels, comme dans un film de Tarkovski. Il s’inspire de Moebius et de son « investissement technique et spirituel de chaque instant. Il évoque aussi Miles Davis par sa capacité à improviser avec la liberté et la précision que cela impose.

Negalyod

Pour Perriot, exposer ces planches originales est essentiel et réjouissant car cela permet de transmettre au spectateur une part de sa vie. Fruits de six années de travail, elles incarnent une vision à la fois ouverte et introspective sur le monde actuel et à venir. Dans le contexte inédit de cette exposition, le dialogue établit entre chacune des œuvres engendre de nouveaux récits. L’auteur considère ses planches comme vivantes : chaque trait, minutieux ou libre, témoigne d’une humeur à un instant donné. Chaque œuvre est un nouveau regard sur le monde, un ensemble de matières imaginatives qui ne demande qu’à être (ré)interprété.

C’est le pari de cette exposition : permettre aux lecteurs de Perriot de devenir, le temps de l’exposition, acteurs d’un processus de création; inviter les amateurs d’art à se plonger dans un récit graphique sans compromission; souligner combien la bande dessinée a le pouvoir inégalé de convoquer d’autres arts pour atteindre sa pleine singularité.

Negalyod
Negalyod, 2021. Tome 2. Planche 14-15. Encre de Chine sur papier. 36,2 x 55,6 cm