Moi Cléopâtre dernière reine d’Egypte, pas qu’une histoire de nez

Pour la plupart, Cléopâtre c’est un mélange de Liz Taylor qui l’a incarnée au côté de Richard Burton en Marc-Antoine dans le film de Joseph L. Mankiewicz avec celle d’Astérix qui a un joli nez dixit Cesar sous le crayon d’Uderzo et le scénario de Goscinny. On y ajoute le film de Chabat en 2002. Point final. Ah oui aussi elle morte piquée par un aspic. Donc Moi Cléopâtre dernière reine d’Egypte, d’Isabelle Dethan, même si ce n’est pas sa première biographie en BD, remet bien les pendules à l’heure. Et détaille par le menu la vie d’une femme qui n’a pas été de tout repos. Toute sa vie qui finira mal aura été un combat, celui d’une femme, d’une héritière capable de tout, face à des hommes qui tomberont sous son charme ou sous ses coups. Une politique Cléopâtre car la réalité dépasse très largement la fiction.

Elle a du vague à l’âme Cléopâtre, ou son fantôme, au bord de la baie d’Alexandrie de nos jours. Plus de palais, plus d’île abimée en mer, plus de phare merveille du monde, son petit singe lui raconte l’histoire des lieux et lui rappelle qu’elle est célèbre dans le monde entier. Elle parlait dix langues, a lu tous les philosophes, un cas rare pour une reine antique. Cléopâtre va tout lui dire sur sa vie. Enfant elle sera témoin de la façon dont l’oncle de son père a légué l’Egypte aux Romains mais son père Ptolémée Aulète s’empare du trône en contrepartie de lourds impôts pris sur le peuple qui renflouent les caisses de Rome. Mais la révolte gronde. Son père a disjoncté mais a fait ramener le trésor de Khéops. Cléopâtre (comme Adèle Blanc-Sec) sympathise avec sa momie qu’elle se fait offrir par son paternel. Elle rapatrie Khéops dans une tombe secrète pendant que Ptolémée part à Menphis dans la vallée du Nil se montrer à son père. Cléopâtre l’accompagne pour voir les pyramides. Elle monte au sommet et comprend l’étendue de son pays. Elle jure d’être une grande reine. Ce que va être avant elle sa soeur Bérénice car Ptolémée s’est fait la malle chassé par le peuple. Les Romains envahissent le palais et un certain Marc-Antoine, 28 ans, rencontre pour la première Cléopâtre qui en a 12. Dans leur bagages Papa Ptolémée qui récupère son trône et tue sa fille ainée. Il meurt quand elle a 18 ans avec une fesse sur la moitié du trône d’Egypte.

Belle image qui ouvre le chemin vers le pouvoir à Cléopâtre, enfin presque car il va falloir partager. Au moins provisoirement. Isabelle Dethan lui donne la parole et elle met les choses au point en continuant de discuter avec sa momie chérie. Histoire, la grande et humour donne lieu à un récit qui accroche tout au long des 208 pages de ce récit inédit. Julius Cesar rentre dans la dans la danse, elle grandit, on assassine un brin, on élimine les prétendants. Le dessin est soigné, de belles couleurs, un sens naturel de la mise en page comme toujours chez cette passionnée de l’Egypte dont on se souviendra aussi de Tante Henriette et de Ingrid. Une belle fresque à laquelle le méchant Octave mettra fin.

Moi Cléopâtre dernière reine d’Egypte, Dargaud, 26,95 €

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