Nemesis le sorcier, délire sur Termight avec Delirium

Une rétrospective à ne pas manquer, une fois encore, au programme des éditions Delirium. Pat Mills dont on connait l’efficacité, le brio scénaristique a signé Nemesis le sorcier, un vrai petit délire mis en images par Kevin O’Neill, puis Jesus Redondo et Bryan Talbot. La Terre a bien changé et est devenu le centre d’un empire galactique que maîtrise le sans pitié Torquemada et autres Inquisiteurs. On purifie, on extermine, on garde la galaxie pure et dure. Un humour décalé, des histoires courtes bien cadrées, bourrées de trouvailles, de personnages et d’aliens hors normes, très modernes, visionnaire déjà à sa sortie il y a quarante ans.

Nemesis le sorcier Sur Termight, ex Terre, on roule, on glisse dans des tuyaux géants. Et Nemesis, combattant de la liberté, rêve de s’offrir l’abominable Torquemada, chef de la police du Tube. Et réciproquement. Mais il est doué Nemesis. Un oiseau d’acier, style Concorde recyclé, emporte une navette pleine de passagers pour nourrir ses petits. Parmi eux Torquemada. Qui s’en sort mais Nemesis veille au grain. Les aliens sont toujours là. Les Inquisiteurs les cherchent car ils se cachent parmi les humains. Nemesis le déviant a une drôle de tête en forme de harpon et des sorts magiques funestes.

Tout est dans le graphisme dicté par Mills. Le réel le plus précis se mélange au fantastique le plus inventif, le tout dans des scènes très détaillées. L’humour est aussi une des bases de ce Nemisis, un peu à la Valerian. On sourit pour être aussitôt rattrapé par l’action, la bagarre. Gentils, méchants, la frontière n’est pas claire. Volontairement. L’ambiguïté est reine dans ce monde parfois absurde, très british en fait. Nemesis a été publié dans 2000 AD. Mills lance ses pointes acérées contre nos propres dérèglements politiques, sociaux ou religieux. 350 pages avec un recueil de couvertures d’époque composent l’album. Trois recueils sont au programme.

Nemesis Le Sorcier, Tome 1, Les hérésies complètes, Label Delirium, 35 €