Les Hautes Herbes, le témoignage du passé

Le grand Kholo a fait le monde. Cette fois encore après Le Feu Monde on part sur Dieu renommé et la genèse revisitée. Mais là on est vraiment dans de la fantasy même si, allez savoir pourquoi on pense à La Guerre du Fu, aux grottes de Lascaux et celle de . Les Hautes herbes est signé Grun (Space relic hunters) et Laurine Clin au scénario. Une recherche de leurs origines par un père et un fils dans un environnement d’une extrême richesse graphique, bourré d’idées très accomplies. Un gamin artiste dans l’âme ce qui ne va pas être gratuit dans l’histoire et un paternel protecteur dans un monde brutal. Un duo qui ne peut rester pour sa sécurité plus de trois jours au même endroit et aux origines à dissimuler. Un bestiaire à la fois amusant et redoutable avec en particulier les Cibletilles mystérieuses mais charmantes. Et des Ichors à la dent aiguisée proche des loups. Le tout est d’un excellent niveau dans ce one-shot.

Kholo a fait le monde. Puis les animaux, puis les Ichors, les façonneurs et d’autres. Dans l’eau il a mis de l’argile et une créature en sortit. Découpée en cinq morceaux ils se transformeront en hommes qui se répartiront dans le monde. La mère a raconté cette histoire pour endormir son jeune fils. Avec le père, Babou, ils partent faire une livraison. L’enfant avec sa mère part voir les mouflons guidé par l’étrange Garik. Balade en forêt, ils se perdent et la mère lui apprend ce qu’est le subtil, l’équilibre et le respect de ce qui les entoure. Quand près d’un falaise un énorme rocher se décroche et tue la jeune femme. Père et fils, désormais seuls et nomades volent les oeufs d’un aigle géant et se font agresser. L’enfant va avoir dix ans et pourra bientôt porter une arme. Ils cherchent des Ciblètes et tombent sur les ruines de ce qui aurait pu être un observatoire. Des larves pour se nourrir et un crocodile à chasser, à piéger. Combat mortel et une formule à dire, ce ne sont pas les jours noirs. Ce qui rappelle qu’autrefois il n’y avait pas de carnivores. Quand les Ichors y ont goûté ils n’ont pu s’en passer et se sont acharnés sur les Cibletilles. Ils n’ont pu créer leur tribu d’hommes. Eux cherchent les Ciblètes peuple paisible et harmonieux qui a disparu. La rencontre avec Arcimbald va être décisive.

Des nomades à la ville, des différences de couleur de sang pas neutres, un village très médiéval, des brigands mais Babou ets là avec des ressources cachées. Des femmes qui disparaissent pour passer au thriller, des aventures très mouvementées et des rencontres qui vont amener à une conclusion que l’on pressent, de l’amour et des drames  Beaucoup de travail sur ces planches. Que sont vraiment ces hautes herbes et les fées bleues ? Des pigments ? Suspense pour un album qui en plus dévoile le futur du héros. Envoûtant et cahier de croquis final.

Les Hautes herbes, 112 pages, Editions Maghen, 21,50 €

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