Les Arêtes de poisson, Lyon et ses galeries mystérieuses

C’est toujours agréable de découvrir un mystère certes connu mais pas obligatoirement par le plus grand nombre. Si on vous parle d’Arêtes de poisson ce n’est pas évident que vous pensiez de suite à la capitale des Gaules. Et pourtant c’est bien à Lyon qu’on a découvert dans les années 30 suite à des éboulements meurtriers ce réseau sous-terrain de galeries en forme d’arêtes de poisson. Mais qui a bien pu creuser et quand ces tunnels. Toutes les hypothèses seront évoquées comme le dit le scénariste de l’album très documenté  Mikaël Mignet sur un dessin de Serge Annequin (Cela va de soi). L’enquête vaut le détour.

On dit que l’ADN d’une ville se trouve dans ses souterrains, indices de son histoire. A Lyon l’eau a toujours été un problème bien que sur le Rhône. 2000 ans pendant lesquels les Lyonnais ont creusé pour atteindre les nappes, un gruyère les collines. En 1930 à Fourvière et en 1932  70 morts dans un glissement de terrain et un éboulement. On va s’interroger très vite en 1932, on trouve une galerie sous la rue des Fantasques mais on ne sait pas où elle va. On casse un mur, une mare et on ne va pas plus loin. A qui la faute, la ville ou les propriétaires des terrains ? En 1935 on émet l’hypothèse d’un réseau inconnu mais sans traces officielles. Nulle part. 1959 un trou se forme dans la rue des Grognards près de celle des Fantasques. Cette fois on creuse, on inspecte. Des galeries et 5m3 d’ossement humains anciens qui seront murés et ensuite introuvables. Cinq galeries sont découvertes et des tronçons nouveaux. Le tout qui part d’un arête dorsale à laquelle sont reliés d’autres arêtes. Un fragment de couronne de lauriers en bronze est trouvé, romain sûrement.

L’aventure ne fait que commencer avec des hauts et des bas. 1963 nouveau grand trou et un pâté de maison qui s’enfonce. Les années passent et puits, galeries inconnues se dévoilent. Alors qui ? A priori même si le style de construction ne colle pas vraiment ce serait antique. En prime les arêtes deviennent le terrain de jeu des cataphiles. Et si le trésor des Templiers y était caché ? Tous les fantasmes y seront rattachés comme aussi le possible stockage des impôts en or des Romains. Reste que les arêtes gardent un bonne part de leur passionnant mystère que cet album recense malgré peut-être aussi un oubli collectif lié à la tradition orale.

Les Arêtes de poisson, 132 pages, Paquet, 20 €

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