L’Automne de Nicola, la résistance italienne

La résistance italienne à d’une part avec l’occupation allemande et d’autre part le régime fasciste n’a absolument rien à voir avec ce qui s’est passé en France. Impossible en effet de comparer le régime de Vichy certes opportuniste né après la défaire de 1940 à un Duce qui dès le début des années 20 prend le pouvoir en Italie et le boucle avec ses Chemises Noires, l’appui de la royauté et une légalité certaine appuyée sur une grande partie de la population. Sans oublier le pacte qui lie Hitler à Mussolini et après le débarquement de Sicile puis en Italie des Alliés qui sont désormais bientôt sur deux fronts en Europe. Raison pour laquelle Les Quatre saisons de la Résistance chez Fordis de Stefano Ascari (Les Reines de sang) et Roberto Baldazzini (Sweet Jayne Mansfield) vaut le détour. L’Automne de Nicola est le troisième épisode de cette série en quatre tomes, un par saison. Cette fois il y a Nicola personnage entre deux, fasciste repenti ?

Printemps 1944 les partisans entament la reconquête, on se coordonne, car il y a communistes et républicains. Les Allemands massacrent à Monte Sole, en France Paris est libéré en août. Les Allemands ont coupeéen deux l’Italie par la ligne Gothic que le 5e Armée attaque mais stagne en octobre 44. On va attendre le printemps. Diego a été soigné par un médecin résistant et part pour Montefiorino rejoindre son groupe avec des hommes dont un soldat russe Grigori et le jeune Ennio. Ils rejoignent d’autres résistants  dans une auberge mais les tensions entre démocrates-chrétiens et communistes sont palpables. Un homme rejoint Diego. Nicola dit venir de Toscane et les suit. Commence un périple dangereux mais il y a un doute. Nicola n’est-il pas un fasciste qui cherche à se refaire une santé patriotique ? Avec le groupe de Diego, Nicola atteint le commandement et est impliqué dans une action militaire de guérilla. L’assaut sur le convoi de l’armée allemande est plus difficile que prévu.

 

Un parcours très réaliste, à une échelle très différente de ce que l’on connait dans les histoires du même genre avec la Résistance française. Même si FFI et FTP communistes ne s’aimaient pas ils se battaient ensemble. Le décor est très naturel et le fascisme n’est pas mort en deux minutes. Et puis comme en France les collaborateurs il fallait s’en tirer, souvent des résistants de la dernière heure. Il y a en fin d’album un dossier qui dit tout sur cette époque italienne méconnue, l’automne du déclin et de la crise, très bien fait, complet et très illustré. pour ceux qui veulent en savoir plus sur l’ambiance du moment en Italie il faut voir le film Le Général Della Rovere.

L’Automne de Nicola, Fordis, 24 €

 

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