L’Anarchie, la fin justifie les moyens

Un thème de saison qui vient enrichir La Petite Bédéthèque des Savoirs. L’Anarchie ouvre son cœur et ses origines dans ce petit bouquin très bien fait, comme d’habitude. Un mot que l’on dit, que l’on cite, que l’on croit comprendre, mis à toutes les sauces, l’anarchie pour beaucoup c’est le bordel comme dirait un leader syndical bien connu ou le « fais ce qui te plait » à la mai 68, ou enfin ni dieu ni maître. Une dernière formule beaucoup plus dans le vrai ton de l’esprit libertaire de ce courant de pensée que Véronique Bergen passe à la loupe et que Winshluss illustre de son trait qui colle bien au sujet.

La Petite Bédéthèque des Savoirs Une leçon d’anarchisme, d’où vient-il, où pourrait-il aller ? Qui le prône et à quels grands évènements l’anarchisme a-t-il participé ? Vaste programme mais dans l’esprit du grand public l’anarchisme fait boum, jette des bombes à la fin du XIXe siècle et assassine les puissants style Caserio avec le président Sadi Carnot. Aujourd’hui, il casserait des vitrines tous les samedis sur les Champs. En fait, l’anarchie propose un projet alternatif de société sans état où l’homme est libéré de toute contrainte. Élections piège à cons, on peut citer Stirner comme théoricien en chef, peu connu, mais rattrapé par Proudhon avec « la propriété c’est le vol » tout en renvoyant à leurs chères études le communisme. On enchaîne avec Bakounine et « si dieu existait il faudrait l’abolir ». Marx ne le supporte pas. Bakounine ne veut pas du pouvoir, il veut le détruire. Marx attend le grand soir pour le prendre. Voilà pour quelques bases rapides mais ce n’est qu’un début.

Grosso modo, l’anarchie a toujours été indépendantiste, parfois récupérée. La bande à Bonnot en sera un exemple limite. L’anarchisme, capable de prôner la violence pour arriver à ses fins, est pris entre fascisme, capitalisme, communisme et va y laisser sa santé dans les années 30. On suit à la trace ses hauts et ses bas sous le signe du drapeau noir, accompagné de la voix de Léo Ferré. En Espagne en 1936, au Mexique. Anarchie est un mot galvaudé qui pourtant reprend des couleurs si l’on peut dire par les temps qui courent. On peut aussi être anarchiste par désespoir mais avec quel niveau de confort ? Les vrais anarchistes n’avaient pas peur de tout perdre. Plus compliqué pour leurs émules du XXIe siècle de jaune vêtu récupérés souvent par des syndicats qui défendent et envoient avant tout leur troupes au front de grèves bien encadrées. Un bouquin important qui remet les pendules à l’heure en ce dernier jour de cette très bizarre année 2019.

La Petite Bédéthèque des Savoirs, Tome 29, L’Anarchie, Le Lombard, 10 €

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