Le Garde du corps de Massoud, destin hors normes

Il est une des idoles de la lutte contre l’invasion soviétique en Afghanistan, mais aussi contre les factions les plus extrémistes des Talibans. Le Commandant Massoud y laissera la vie à la veille des attentats du 11 septembre. Mais qui savait qu’il avait eu un garde du corps russe, fait prisonnier mais qui avait intégré les troupes de Massoud. Reparti en URSS en 1995, il s’en voudra toujours de pas être resté auprès de Massoud. C’est son étonnante et authentique biographie que Jean-Pierre Pécau a adapté en BD sur le dessin très réaliste de Renato Arlem (Blood red lake) qui restitue parfaitement l’âpreté des paysages et des conditions de combat d’une guérilla face à une armée conventionnelle pendant dix ans.

Histoire et destins

Retourner en Afghanistan, cela fait longtemps que Nikolaï Bystrov y pense. Il a été au départ dans les forces spéciales soviétiques. Quand il apprend que le commandant Massoud a été tué dans un attentat suicide le 9 septembre 2001, il est catastrophé car le hasard et son choix a voulu qu’il ait été son garde du corps. Il arrive en Afghanistan en 1980 dans l’armée soviétique déjà harcelée par les Talibans. Devenu tireur d’élite, Nikolaï est un combattant aguerri. Lors d’une patrouille dans un village pour acheter du haschich, il tombe dans une embuscade avec trois de ses camarades. Ils sont obligés de se rendre. Commence une longue route dans la montagne vers le camp taliban où Massoud rachète les prisonniers soviétiques. Nikolaï comprend que les ennemis de Massoud ne sont pas que soviétiques.

Le Garde du corps de Massoud

Une biographie digne d’un roman d’aventure comme American Sniper. Le destin de Nikolaï qui va obtenir, on voit comment dans l’album, la confiance de Massoud est à la fois émouvant et brutal. Il y a, hormis les combats, la vie privée de Nikolaï, le description du quotidien toujours sur le fil du rasoir. La mort de Massoud sera pour Nikolaï le regret de sa vie et depuis il milite pour retrouver la trace des soldats soviétiques disparus au combat. Un dossier sur ce personnage d’exception termine un album qui fait date et revient en détail sur des évènements un peu oubliés alors que rien n’est fini en Afghanistan.

Histoire et destins, Le Garde du corps de Massoud, Delcourt, 15,50 €